18.11.09

if the lights go out.


À l'heure qu'il était, la nuit avait terminé de me surprendre, bientôt les néons s'allumeraient et je rentrerais chez-moi, seule et à moitié ivre dans un taxi que je paierais trop cher.

Je restais collée sur mon banc, les coudes sur le bar et la tête entre les mains, inclinée vers la gauche, tu me parlais d'un truc sans intérêt depuis des heures, m'empêchant de danser ou de m'enfuir, et parce que je ne trouvais rien à te répondre, je nous alimentais de sourires en coin en fixant mes yeux sur tes lèvres. T'étais là depuis bien trop longtemps, on baignait dans la teinte bleutée des verres vides qui traînaient devant nous, auditoire muet responsable de ton trop-plein de mots et de mon silence inhabituel. Tu devais te douter que je n'avais rien à foutre de ton discours, que j'te trouvais beau et que si ce n'était pas de ta main qui venait de se poser sur mon bras, j'serais dans mon lit depuis un moment déjà, à m'imaginer la scène que tu étais entrain de me jouer. Tu devais t'en douter parce que brusquement tu cessas de parler. Franchement, il était temps que tu te taises. J'relevai la tête et fit pivoter mes jambes vers toi pour débarquer de mon banc dans un élan. J'me mis à bafouiller quelques mots de fin de soirée, je parlais comme ça pour combler le silence que t'avais provoqué et que je ne croyais pas manquer et ta bouche se retrouva sur la mienne. Et pour 3, 5, peut-être 12 ou même 15 secondes, tu m'as embrassé. Je n'sais plus si ça m'a surprise ou pas, ça s'est passé rapidement et j'suis sortie dehors en laissant mon manteau sur mon banc, comme si le froid allait m'faire oublier. Je restais là, sans me rendre compte que j'me tenais devant la porte. J'empêchais les gens d'entrer et je les poussais à me bousculer à leur sortie. Y'a la voix gentille d'une jolie blonde qui me secoua.

- Excuse-moi... tu bloques la porte et j'suis complètement gelée!

Ta blonde.

J'me souviens plus très bien de la suite. J'ai dû me remuer et faire quelques pas de côté, j'pouvais pas me concentrer sur son visage.

T'en fais pas pour moi, je sais comment on fait dans ces histoires-là, parce que je me suis déjà tenue debout à chacune des pointes de ce triangle.

J'ai joué tous les rôles, j'espérais seulement que ce coup-là, ce n'serait que toi et moi.



17.11.09



millay&me.



past in present.


J'ai 20 ans, j'rentre tard, toute alcoolisée, la bouche toute marquée de baisers de gars dont je n'connais qu'le prénom, les collants tout troués et le vernis à ongles tout craquelé.
J'ai 20 ans, j'nois ma vie dans des verres de plastique rouge et j'vomis ma haine sur les jupes des trop jolies filles.
J'ai 20 ans, mon passé me surprend en flagrant délit de perte de temps chaque fois que j'cogne à sa porte, c'est que mon présent manque d'éclat et mon futur, d'ambition.
À 20 ans le jour a le droit de me donner tous les torts, c'est la nuit qui s'incline, m'invite chez elle et me fait danser.
À 20 ans j'délire, j'fabule, j'ai les joues en feu et l'goût du jeu.
J'ai 20 ans et la vitesse m'adore. Que ça déboule, que ça se bouscule, que ça s'intensifie et que ça s'embrase, tout, rien. Y'a le vide et le trop-plein, mes intentions et mes actions contraires, ma pudeur et ma peau dans son lit pour une heure, mon coeur plein d'noeuds et plus rien dans mes yeux.
À 20 ans, mes mains remplies de lignes qui ne savent plus quoi dire, ma tête dénudée de sa conscience et dépouillée de toute forme de raison, mon corps frustré de l'absence de regards pour le déshabiller.
À 20 ans, écorchée vive, secouée de tourments adolescents, droguée au parfum masculin et tatouée d'histoires, des belles et des très laides, des pures et des toutes croches.

À 20 ans les talons et les faux-cils.

Et à 20 ans il serait temps que je cesse de tout faire basculer pour un oui, pour un non, que j'arrête de disjoncter, de me prendre tous les murs, de me saouler par manque de courage, de me croire complètement foutue pour ensuite me retrouver bien au-dessus d'tout, il est temps que j'me démaquille, que j'me couche tôt, que j'demande pardon quand j'me fou dans une galère, que j'assume l'erreur, que j'accepte d'y avoir droit, il est temps que j'arrête tout. Et que j'recommence.



ma fièvre me clout dans l'noir.






4.11.09

electric twist


- T'es con!

T'es con d'être casse-cou, un jour tu te feras mal pour vrai mon homme, un jour tu rateras une de tes acrobaties tentées après t'être assurée que mon regard pointait dans ta direction, t'es con de ne pas rappeler en sachant que j'ai probablement eu le temps de m'imaginer le pire des scénarios dramatiques en attendant, t'es con de boire et de conduire, t'es con de me dire que je n'suis pas placée pour te faire la morale, de me dire que j'suis une enfant au matin et ta femme fatale à la tombée de la nuit, de rire de moi quand j'boude, quand j'manque le réveil, quand mes cheveux sont tout en bataille, quand j'échappe un truc, t'es vraiment con. T'es con quand tu t'impatientes, quand tu sacres, quand tu fumes, quand tu t'allumes une cigarette en me regardant comme pour me provoquer, quand tu roules vite en voiture et que j'suis à bord, quand tu t'obstines à porter ce vieux jean tout troué alors que j't'en ai offert des biens plus beaux. T'es l'pire des cons quand tu te la joues hard to get mais que tu me quêtes un lift à 3h du mat', t'es l'pire des cons de ne pas remarquer que j'ai teint mes cheveux et que je porte le bracelet que tu m'as offert. Con.

Et t'es con de me trouver jolie quand j'me réveille avec du mascara sous les yeux et un teint qui tire sur le blanc neige, t'es con de continuer de croire que tu m'aimes plus que moi j't'aime, t'es ridiculement con de m'aimer sans être capable de me donner de raison valable, t'es con quand tu te places dans mon dos et imite ma façon de me poudrer les joues, t'as pas besoin de glisser de l'argent dans ma poche quand j'sors sans toi, c'est con. C'est aussi con que ta manie de me téléphoner juste pour savoir si tout va bien au beau milieu de ma journée. Un vrai con de me dire que tu seras toujours dans les parages alors que franchement, tu l'sais que j'en doute. Un vrai de vrai de me relooker en souriant pendant que j'te raconte mes frustrations, ça ne fonctionne pas (toujours...). Si tu savais comme j'te trouve con quand tu débarques sans avertir, juste pour être là, assis à côté d'moi tsé, quand tu refuses des invitations juste parce que moi, ben ça me tente pas d'y aller à cet endroit-là. T'es con de me surprendre, moi qui aime être au courant de tout, con de te confier, moi qui répète tous les secrets, con de me faire taire en m'embrassant quand l'image que mon miroir me renvoie me fait mal.

- T'es con!

Que j'te dis trop souvent.




go ahead

Je traînais sur le sofa depuis des heures, mon cellulaire vibrait sans cesse, le téléphone «ne dérougissait pas» comme dit maman, les épisodes de ma série fétiche du moment s'enchaînaient et j'commençais à avoir chaud sous ma pile de couvertures, sous mon tas d'oreillers d'plumes. Un peu machinalement, j'me suis levée, j'ai troqué mon boxer pour un jeans, j'ai enfilé un gros pull de laine et des bottes de cuir et j'suis sortie, sans maquillage, les cheveux relevés et mon porte-feuille pour seul bagage. Malgré tous les arbres de Noël apparus bien avant leur temps dans les vitrines, c'est un air qui s'apparentait à septembre en ce début de novembre qui m'emplissait les poumons. Je n'avais aucune idée d'où j'allais, mais je préférais les grandes rues aux p'tits raccourcis parce que ces gros immeubles me font sentir toute petite et j'aime ça. J'avançais la tête basse, comme surpris du chemin que mes bottes avaient choisi de prendre. La destination se dessinait.

Je me balladais d'un bon rythme, en sautillant et en dépassant tous les gens sur ma ligne, je les bousculais presque, en petite madame pressée que je n'étais absolument pas. Au passage j'leur imaginais toutes sortes d'histoires à ces gens bousculés, je marchai même assez longtemps pour réécrire le scénario que quelques hommes m'avaient fait écrire. Leurs visages se succédaient à la vitesse des coins de rues, au prochain stop je t'aime, à la lumière tu me détestes.

J'approchais.

Mes bottes de cuir noir semblaient avoir choisi de m'emmener là, comme si l'endroit était réconfortant, comme si elle devaient s'en charger parce que je ne m'y serais jamais rendue moi-même.

En tournant l'coin j'suis entrée dans le premier commerce que j'ai vu. Une feinte aux bottes magiques et une idée qui m'a prise de me convaincre que finalement j'étais probablement sortie par manque de fond de teint make up forever à 41.00$. J'suis ressortie avec une nausée causée par ces étagères de fragrances mélangées. Je sentais bizarre là. fuck.

Je me suis arrêtée devant l'numéro de ta porte. Je l'ai regardée, en croisant les doigts pour qu'elle reste fermée.
12 pas. J'cogne en levant les yeux au ciel, j'm'exaspère mais la pleine lune semble être d'mon bord.

Tu m'ouvres doucement et tu restes flanquée devant moi. L'éclairage du fond de la pièce dessine ta silhouette à la perfection, ta carrure m'impressionne jusqu'à la cime de tes cheveux bruns. J'croyais devoir faire face à un regard qui me questionne et des sourcils qui se froncent, mais tes yeux verts regardent droit dans mes yeux bleus. J'réponds d'un sourire en coin gauche et tu te pousses pour me laisser entrer. J'te trouve beau et j'me sens comme une ado de 15 ans en m'assoyant en indiens dans ton fauteuil. Tu t'assoies à mes côtés et tu m'regardes, probablement amusé de me voir là.

- C'est mon anniversaire aujourd'hui.
- Je sais.

Tu passes ton bras autour de mes épaules et t'allume ta télé. Y'a Desperate Housewives qui joue en reprise, et tu n'as pas l'air d'avoir l'intention de changer de chaîne.






25.10.09

is love alive?

(le dernier hit radio jouait bien trop fort dans ce bar sombre illuminé de ces visages qui ne changeront jamais)

j'ai dévalé les escaliers dès que j't'ai aperçu. j'espère ne pas t'avoir serré trop fort.

- je t'aime tellement...
- moi plus.
- ...
- on fait roche-papier-ciseau pour savoir qui aime le plus qui.
- t'es con!

*** 1 2 3 !

moi papier. toi ciseau.

t'as gagné. tu m'aimes plus que j't'aime.
je gagne.








- «c'est d'l'amitié, mais comme en mieux... c'est d'l'amour en plus profond.»







21.10.09

where the wild things are

something filled up my heart with nothing
someone told me not to cry
but now that i'm older
my heart's colder
and i know...
that it's a lie.



L'aube avait ce je-ne-sais-quoi de cruel depuis quelques temps. Depuis le froid peut-être. Pas celui dehors, celui en-dedans. Ce froid qui me gèle les doigts et m'empêche de tendre un mot ou mes bras vers celui qui me fait face. Ce froid qui crispe mon visage et remet mes émotions à zéro, mon moral sous zéro. Ce froid qui me cloue au lit jusqu'à me donner un teint gris. Il coïncide avec l'arrivée de l'automne et de mes gants de laine, mais vraiment ça n'a rien à voir. L'aube me tirait d'un ailleurs meilleur que la vie depuis quelques temps et chaque fois j'lui en voulais. De me faire tomber de mon propre ciel, de me sortir de ma torpeur truffée de rêveries que j'préfère taire, de me forcer à saluer la réalité avec mes cheveux encore tout ébouriffés. Moi qui a toujours eu peur dans le noir, il avait ce je-ne-sais-quoi de réconfortant depuis quelques temps.

Et n'essayez pas de comprendre pourquoi. Pourquoi on a tant de mal à me réveiller, pourquoi la lumière me fait mal aux yeux, pourquoi mon vernis est plus foncé, pourquoi ma voix tremblote sur vos boîtes vocales, pourquoi ma valise n'est jamais complètement vidée, pourquoi j'ai toujours les cheveux attachés, pourquoi j'cris pour me faire taire et pourquoi le silence est mon enfer.

Parce que j'me suis seulement laissée bercer, puis emportée par un courant. Un courant de mélancolie bien trop fort pour mon âme empreinte de fragilité. Je me suis fondue dans cette masse de coeurs qui se craquèlent puis éclatent, dans cette foule de regards vidés par octobre et sa manie d'essayer de nous foutre à genoux, j'suis disparue en même temps que l'espoir qui planait au-dessus de nos têtes dans le numéro de septembre. Toutes ses épaules qui se courbaient, ses yeux qui s'embrouillaient de larmes, ses mentons qui plongeaient au sol, je les ai imités. Mieux que ça: j'm'en suis saoulée. J'y ai cru à notre naufrage saisonnier, si son coeur se brisait, le mien aussi avait le droit de se décomposer.


Ce courant a presque eu raison de nous.


Mais doucement on a appris à fermer les yeux, à courir dans l'imaginaire, à s'y réfugier. En plein jour se permettre de rêver, day dreaming, prendre la fuite dans un ailleurs et respirer.


Escaping... where the wild things are.

Et étrangement, la vie nous paraît plus belle chaque fois qu'on en revient.
Je vous promets.


Inside all of us is a wild thing.






7.10.09

our finish line is at the foot of my bed.


Les pieds croisés en l’air et la tête au plancher comme pour me brasser les névroses et me secouer les chagrins des derniers temps, je revivais tes mains sur moi chaque fois que mes paupières se fermaient. Un court instant ou le temps de revoir une scène entière. Notre histoire est plus claire quand on la regarde à l’envers.


***


Du plus loin que j’me souvienne (et j’ai une sale mémoire, j’ai mis les hommes de ma vie dans l’pétrin bien des fois grâce à cette force), on a toujours couru toi et moi. Je t’ai couru après comme une gamine, avec trop d’enthousiasme et bien maladroitement, pis tu m’as couru après comme un homme, avec le goût du défi mais un manque d’audace dans les yeux. On s’est mis à courir envers et contre tous. Tu me dépassais de 6 années de vie, mais du haut de ma ptite jeunesse, j’étais déterminée à te rattraper, quitte à courir en solitaire et que tu m’attendes à chaque halte, le temps d’un baiser caché et d’un autre pas assumé. On a souvent couru jusqu’à l’épuisement. On s’est arrêté pour s’abreuver auprès de quelqu’un d’autre, une âme de notre calibre qui nous reposait un moment, puis ben je te voyais filer à toute vitesse et je n’pouvais pas te laisser gagner. Je te suivais toujours. Plus forte et plus femme. Un marathon plein d’obstacles et de détours.


Et sans m’en rendre compte, j’ai trouvé ton rythme, mes battements se faisaient aller sur les tiens, en même temps, le fil d’arrivée se dessinait (enfin, que tu m’dirais).


À ce moment précis, j’ai ralenti et j’ai regardé derrière moi, derrière nous. Tout le chemin que nous avions parcouru me surprenait un peu. C’est qu’avec tous les imprévus, tous les soupirs et les envies d’cesser de courir (avouons que le défi était grand et la course à risques), j’croyais jamais qu’on se serait rendus. J’t’es pris par la main, un goût de bout du monde me pincait l’coeur, et j’mourais d’envie que tu me suives.


Le fil d’arrivée s’était déchiré. C’était gagné. J’nous croyais franchement invincibles.


On est tombé à genoux. Toi pour moi, moi pour toi.


La course avait été si longue, on avait vieilli, moi de corps, toi d’esprit.


Nous avions d’quoi être fier. «Je t’ai, tu m’as» que j’me retenais de te chuchoter depuis mes treize ans. Y’avait plus rien pour nous arrêter.


***


Sauf moi peut-être. Le bonheur coincé au fond de mon ventre ne me suffisait même pas. Le fil d’arrivée n’était plus le signal de départ que j’m’étais imaginée pour nous. Des fourmis dans les jambes et un coeur au bord des lèvres, j’voulais courir. Et j’voulais que tu me fasses courir, quitte à ce que tu t’essoufles avec une autre pour quelques kilosemaines. J’voulais emprunter d’autres pistes, te fuir et que tu me rattrapes, te semer et que tu m’retraces. J’pouvais pas rester en place. Pas avec toi. Même si j’avais mis tous mes rêves olympiques dans ta poche de hood. On faisait équipe en étant des éternels rivaux. Et cette vérité m’résonnait dans les talons à chaque pas, à chaque bouffée d’O2.


***


Et depuis que j’t’es raconté, que t’as accroché tes runnings et déclaré forfait, j’ferme les yeux dès qu’je peux et je me rejoue la fin de la course. Une reprise. Au ralenti. J’tente de comprendre ce qui s’est passé entre le coup de sifflet et mon envie trop forte de courir plus vite que toi. De courir sans toi.


J’avais tellement rien vu venir (quand on court, ce qui nous entoure s’embrouille, c’est flou...) que j’avais acheté des billets de spectacle pour nous, pour ton anniversaire.


J’suis allée les chercher ce weekend. Le gardien de sécurité m’a cruisé, m’a dit: «ben à vendredi prochain!», pis j’ai répondu avec un sourire en coin à son clin d’oeil. Incapable de lui dire: «non, c’est plus pour moi... Je les ai vendues...»


Ces billets-là sont le symbole de notre échec. De mon échec même. Si ça te fait sourire entre deux virages.


Pis j’me rejoue la course au complet. À l’envers. Je revis tes mains sur moi chaque fois que mes paupières se ferment.

30.9.09

losing sleep.

- «j'suis une goutte.»

en répétition. sur repeat. en boucles & en loops. elle avait balancé ses 4 p'tits mots-là le visage déconfi et tourné vers une vitre où s'amoncelait 4000 autres gouttes comme elle. 2 fois. elle avait balancé ses 4 p'tits mots-là en ayant dans le crâne toute la pesanteur de la signification de cette image-là.

elle était une goutte. une particule d'eau responsable du débordement de son vase, une globule liquide doté du même effet dévastateur qu'un tsunami ou qu'une grosse tempête en plein mois de février, ça fesse.

son vase plein de tiges épineuses sur lesquelles se cramponnaient toutes ses galères. son vase qui tenait le coup tant qu'elle le tenait entre ses deux mains frêles. son vase de glaise, prêt à fondre au prochain orage.

et son vase lui avait glissé des mains, par inadvertance ou selon les circonstances, ses raisons se sont liquéfier en même temps qu'elle, c'est que la vie s'était embrouillée soudainement.

l'image était tellement forte que j'me suis vue dissoute moi-aussi, réduite. j'ai vu mes pieds se pointer et mon front s'arrondir, me métamorphoser en goutte d'eau et me poser tout au bord de son vase à lui, probablement semblable au sien. solide, mais fragile.

et j'm'en voulais de voir le débordement que j'allais causer, mais j'me disais qu'il ne fallait pas oublier que ça impliquait aussi ma chute et mon écrasement au sol. j'me disais qu'il me regarderait tomber en déversant tous ses maux sur la goutte que j'étais apparemment devenue. une goutte devenue flaque devenue ... j'pas rendue là encore.


j'suis peut-être la goutte. mais t'es le trop-plein qui m'a poussée en bas du pot de fleur.


il pleut depuis des jours.


23.9.09


Pourquoi les nuages se déplacent. 





Parce qu’ils en ont le pouvoir. On pourrait penser ça. C’est facile. Si on pouvait nous aussi s’envoyer dans les airs comme bon nous semble, on aurait vu du pays depuis longtemps. Du pays, d’la terre, de l’océan et tout ce qui constitue leur plancher. On pourrait croire qu’être aussi vaporeux et léger qu’eux, on ferait de même et on filerait à toute allure, changer de direction suite à une erreur de parcours, changer le mal de place parce que ça fait du bien, changer de voie pour accélérer le trajet vers la victoire, peu importe sa nature. Les nuages se déplacent pour tuer le jugement. S’ils planent au-dessus de l’Amérique et qu’Obama les emmerde, ils se mouveront vers le Québec pour réaliser que les politiciens sont tous des emmerdeurs, peu importe le ciel qui les couvre. Ils se déplacent pour notre bien. Quand on y réfléchit un peu, ils régissent un peu nos vies ces grosses ouates. Si elles décident de voguer en choeur, notre moral est à plat par tout le gris qu’elles nous envoient. Et si elles feelent solitaires, leur distance laisse place au soleil et fait naître de belles journées pour les humains. Ou encore mieux que ça, les nuages se déplacent pour faire travailler notre imaginaire. Quand ils nous voient étendus dans une herbe verte, ils se collent et se décollent pour créer toutes sortes de formes auxquelles on donne des noms d’animaux, de créatures inventées ou de banalités de notre quotidien. Les nuages se déplacent pour nous, et pour leur fun à eux. Combien de fois on a entendu un enfant affirmer qu’un jour il aimerait bien faire un tour sur un mouton blanc céleste pour voir le monde. Dans le fond c’est peut-être juste ça, ils se déplacent pour aller voir le monde, le Monde. 







cosmogonie. rédac. 10 minutes. coll. amylie. 

14.9.09


rien à rire. rien à pleurer. rien à chialer. 
this.is.a.wake-up.call.

rock the beat.

j'ai voulu marqué le rythme de ta vie, tenté de le suivre, d'y danser ou du moins d'y taper du pied. 
y'a qu'un bourdonnement qui se faisait entendre, une pile qui s'affaiblit, un refrain repris pour la dernière fois. 
y'a qu'une cacophonie en sourdine qui faisait écouter, toute en soupirs, toute en demi-pauses. 
têtue j'm'y suis quand même balancé les hanches, j'ai tout de même secoué maladroitement mes épaules, j'ai fermé les yeux pour me concentrer et j'ai essayé de trouver une logique dans ta vie, dans ta mélodie. 
j'me suis perdue dans d'interminables mouvements qui s'enchaînaient sans chorégraphie 
j'me suis perdue dans de trop longs silences. 
j'me suis perdue parce que ce n'était pas la bonne clé. 

Tu t'étais décomposée en sol. 
j'croyais avoir affaire à une FAcile composition.


pardonne mon impatience. 
je pardonnerai tes silences. 


danse.
ou rendors-toi pour te réveiller au son de ma symphonie. 

douce et criante. 


31.8.09

we built this city.

Et moi qui roule toujours trop vite, je ralentis franchement pour tout éteindre de mon index gauche (j'suis gauchère, j'ai décidé ça à 3-4 ans). Phares, lampadaires, luminaires, belvédères. La noirceur au bout de mon doigt, au bout de moi. Croyant leur faire une faveur, je laissai les étoiles tranquille et les constellations se former. Ne connaissant que grande ourse, je l'attrape du regard partout, toujours dans l'angle de mon oeil gauche, ou de mon oeil droit, trajet vers le Nord ou vers le Sud. Je n'ai pas le sens de l'orientation. Coincée dans un black-out provoqué, j'arrête le moteur, je monte le son; same black day, high rise grave. Gênée par la civilisation, j'avais libéré la brillance du ciel et je n'l'avais que pour moi ce soir. J'n'sais trop quoi en faire. C'est grand l'infini, je n'en regarde qu'une parcelle et je m'étourdis. Ça fait peur l'infini, je ferais mieux de souhaiter un orage pour embrouiller ma vue et ne plus y penser. Je ne connais rien en astronomie de toute façon. Trop petite sous cet immensité, je rallume un lampadaire, je me sens moins seule. Il est tout incliné devant moi, que nous vaut cette révérence sur notre passage j'm'le demande. J'me demande aussi si les arbres dansent dès que nous avons le dos tourné, si les étoiles filantes ne sont en fait que de lâches décrocheuses, si les autres les regardent d'un air hautain, comme en bas, comme ici, si la route se craquèle sous le poids de nos grosses voitures ou nous dessine un chemin alternatif que nous sommes trop naïfs pour reconnaître, si, si, si, si, sifflé sur une mélodie que j'ai choisi. 


J'ai peur de moi dans le noir. Mes adieux au lampadaire incliné et j'rallume tout de mon index droit, sens inverse. Vitesse. J'aggripe un morceau de firmament que j'dissimule dans la p'tite poche intérieure de mon manteau de lune. 
Paraît que j'ai le regard qui scintille depuis. Depuis ça, ou depuis toi. 


J'conduis trop vite. 

26.8.09

sky.

Ta maison a une odeur. Ta maison a une odeur qui m'pogne au coeur. Des étés qui se comptaient sur 4 doigts avaient passés depuis que j'y avais passé la porte. Ça faisait longtemps, trop longtemps, et malgré les élans de nouvelle déco de tes parents qui trouvent la maison bien vide sans toi, rien n'avait bougé, même pas le foutu stylo près du téléphone. Ta mère place toujours les bonbons sur la plus haute tablette et cache toujours ses sous au même endroit, un emplacement qu'on avait mis peu de temps à découvrir... Fuck même la vaisselle qui traînait dans l'évier devait être la même «dans le temps». 

Poussée par les échos de notre dernière rencontre, j'ai  grimpé les escaliers d'un pas un peu tremblotant, c'est niaiseux, je craignais ce que j'allais voir à l'étage. Sans y penser j'ai tourné mes talons vers la gauche, un p'tit chemin que j'ai parcouru tant de fois. Je me suis arrêtée sec dans le cadre de ta porte, je n'aurais pas osé un pas de plus. 

- «Ça sent le mort là-dedans à c't'heure j'trouve...», que ta soeur m'a lancé. 
- Ouais... 

Sans tes t-shirts rangés sur le plancher, ton affreuse couverture que tu t'obstinais à étendre sur ton lit, ton bureau en bordel et ton pot dans l'coin, ça donne un coup. Rien n'avait changé dans cette foutue maison prête à craquer sous tous les souvenirs qu'elle porte, mais ta chambre n'avait rien de la pièce qui nous a connu. 

Les bras croisés, j'ai revisionné le film de notre vie dans cette chambre de gamin... Les baisers, les chuchotements, les fous rires, les «fais attention pour pas réveiller les parents», les bijoux oubliés sur ta table de chevet, les «allez réveille-toi!», les sauts dans la chambre de ta soeur, juste à côté... Merde ça défilait. Ça défilait et sans m'en rendre compte, j'te jure, mes deux pieds m'avaient conduit jusqu'à la porte de ton garde-robe, entreouverte comme avant c'est drôle... En un coup d'oeil ce que je cherchais sans le chercher m'a sauté aux yeux. La boîte. La maudite boîte blanche que j'avais barbouillé et rempli de trucs qui te feraient penser un peu à moi pour tes 16 ans. Je savais qu'elle allait être toujours là. J'te l'avais offerte une nuit de perséides. 

Chaque nuit de perséides t'est dédié depuis. Dédié à l'homme que j'ai connu, pas à celui que t'es devenu. 

-seeing you like this, down and hurt so badly
when you have been so kept together...
what's this?-

J'suis sortie de ta chambre le coeur gonflé de peine et de colère, un peu comme j'suis sortie de ce bar samedi dernier. 








24.8.09


"tick tick tick on the watch and life's too short for me to stop
baby, your time is running out
i won't let you turn around,
and tell me now I'm much too proud
all you do is fill me up with doubt"

this time baby i'll be bulletproof

la suite.bientôt.