
18.11.09
if the lights go out.

17.11.09
past in present.

J'ai 20 ans, j'rentre tard, toute alcoolisée, la bouche toute marquée de baisers de gars dont je n'connais qu'le prénom, les collants tout troués et le vernis à ongles tout craquelé.
4.11.09
electric twist

go ahead
25.10.09
is love alive?
21.10.09
where the wild things are

7.10.09
our finish line is at the foot of my bed.

Les pieds croisés en l’air et la tête au plancher comme pour me brasser les névroses et me secouer les chagrins des derniers temps, je revivais tes mains sur moi chaque fois que mes paupières se fermaient. Un court instant ou le temps de revoir une scène entière. Notre histoire est plus claire quand on la regarde à l’envers.
***
Du plus loin que j’me souvienne (et j’ai une sale mémoire, j’ai mis les hommes de ma vie dans l’pétrin bien des fois grâce à cette force), on a toujours couru toi et moi. Je t’ai couru après comme une gamine, avec trop d’enthousiasme et bien maladroitement, pis tu m’as couru après comme un homme, avec le goût du défi mais un manque d’audace dans les yeux. On s’est mis à courir envers et contre tous. Tu me dépassais de 6 années de vie, mais du haut de ma ptite jeunesse, j’étais déterminée à te rattraper, quitte à courir en solitaire et que tu m’attendes à chaque halte, le temps d’un baiser caché et d’un autre pas assumé. On a souvent couru jusqu’à l’épuisement. On s’est arrêté pour s’abreuver auprès de quelqu’un d’autre, une âme de notre calibre qui nous reposait un moment, puis ben je te voyais filer à toute vitesse et je n’pouvais pas te laisser gagner. Je te suivais toujours. Plus forte et plus femme. Un marathon plein d’obstacles et de détours.
Et sans m’en rendre compte, j’ai trouvé ton rythme, mes battements se faisaient aller sur les tiens, en même temps, le fil d’arrivée se dessinait (enfin, que tu m’dirais).
À ce moment précis, j’ai ralenti et j’ai regardé derrière moi, derrière nous. Tout le chemin que nous avions parcouru me surprenait un peu. C’est qu’avec tous les imprévus, tous les soupirs et les envies d’cesser de courir (avouons que le défi était grand et la course à risques), j’croyais jamais qu’on se serait rendus. J’t’es pris par la main, un goût de bout du monde me pincait l’coeur, et j’mourais d’envie que tu me suives.
Le fil d’arrivée s’était déchiré. C’était gagné. J’nous croyais franchement invincibles.
On est tombé à genoux. Toi pour moi, moi pour toi.
La course avait été si longue, on avait vieilli, moi de corps, toi d’esprit.
Nous avions d’quoi être fier. «Je t’ai, tu m’as» que j’me retenais de te chuchoter depuis mes treize ans. Y’avait plus rien pour nous arrêter.
***
Sauf moi peut-être. Le bonheur coincé au fond de mon ventre ne me suffisait même pas. Le fil d’arrivée n’était plus le signal de départ que j’m’étais imaginée pour nous. Des fourmis dans les jambes et un coeur au bord des lèvres, j’voulais courir. Et j’voulais que tu me fasses courir, quitte à ce que tu t’essoufles avec une autre pour quelques kilosemaines. J’voulais emprunter d’autres pistes, te fuir et que tu me rattrapes, te semer et que tu m’retraces. J’pouvais pas rester en place. Pas avec toi. Même si j’avais mis tous mes rêves olympiques dans ta poche de hood. On faisait équipe en étant des éternels rivaux. Et cette vérité m’résonnait dans les talons à chaque pas, à chaque bouffée d’O2.
***
Et depuis que j’t’es raconté, que t’as accroché tes runnings et déclaré forfait, j’ferme les yeux dès qu’je peux et je me rejoue la fin de la course. Une reprise. Au ralenti. J’tente de comprendre ce qui s’est passé entre le coup de sifflet et mon envie trop forte de courir plus vite que toi. De courir sans toi.
J’avais tellement rien vu venir (quand on court, ce qui nous entoure s’embrouille, c’est flou...) que j’avais acheté des billets de spectacle pour nous, pour ton anniversaire.
J’suis allée les chercher ce weekend. Le gardien de sécurité m’a cruisé, m’a dit: «ben à vendredi prochain!», pis j’ai répondu avec un sourire en coin à son clin d’oeil. Incapable de lui dire: «non, c’est plus pour moi... Je les ai vendues...»
Ces billets-là sont le symbole de notre échec. De mon échec même. Si ça te fait sourire entre deux virages.
Pis j’me rejoue la course au complet. À l’envers. Je revis tes mains sur moi chaque fois que mes paupières se ferment.
30.9.09
losing sleep.
23.9.09

Pourquoi les nuages se déplacent.
Parce qu’ils en ont le pouvoir. On pourrait penser ça. C’est facile. Si on pouvait nous aussi s’envoyer dans les airs comme bon nous semble, on aurait vu du pays depuis longtemps. Du pays, d’la terre, de l’océan et tout ce qui constitue leur plancher. On pourrait croire qu’être aussi vaporeux et léger qu’eux, on ferait de même et on filerait à toute allure, changer de direction suite à une erreur de parcours, changer le mal de place parce que ça fait du bien, changer de voie pour accélérer le trajet vers la victoire, peu importe sa nature. Les nuages se déplacent pour tuer le jugement. S’ils planent au-dessus de l’Amérique et qu’Obama les emmerde, ils se mouveront vers le Québec pour réaliser que les politiciens sont tous des emmerdeurs, peu importe le ciel qui les couvre. Ils se déplacent pour notre bien. Quand on y réfléchit un peu, ils régissent un peu nos vies ces grosses ouates. Si elles décident de voguer en choeur, notre moral est à plat par tout le gris qu’elles nous envoient. Et si elles feelent solitaires, leur distance laisse place au soleil et fait naître de belles journées pour les humains. Ou encore mieux que ça, les nuages se déplacent pour faire travailler notre imaginaire. Quand ils nous voient étendus dans une herbe verte, ils se collent et se décollent pour créer toutes sortes de formes auxquelles on donne des noms d’animaux, de créatures inventées ou de banalités de notre quotidien. Les nuages se déplacent pour nous, et pour leur fun à eux. Combien de fois on a entendu un enfant affirmer qu’un jour il aimerait bien faire un tour sur un mouton blanc céleste pour voir le monde. Dans le fond c’est peut-être juste ça, ils se déplacent pour aller voir le monde, le Monde.
cosmogonie. rédac. 10 minutes. coll. amylie.


