6.4.10

simple as it should be.

on a un jour osé écrire sur moi.

Différente

Comme des milliers de petits morceaux de glace
Son regard coule et puis laisse une trace
Sur ceux qui vont le croiser, fondant sur place
La fixant sans rien dire et perdant la face

Et puis, quand elle bouge, plus personne n’ose
Remettre en question les charmes qu’elle posent
Sur la piste, comme un voile, un jardin de roses
Aux parures épineuses qui croît et s’impose

La nuit qui résiste devant elle se penche
Dessine à la plume les lignes de ses hanches
Cambrant ses propos tout en sachant rester franche
De la fille à la femme ; c’est elle qui tranche

Complexe mais pure, dure mais tendrement
Comme les empires et leurs doubles versants
Elle provoque cette pluie de mots troublants
Que tombe mon averse ! car c’est moi l’enfant…

Gâtée par la vie qui lui donne sa présence
C’est plus qu’une image, mieux que ce que l’on pense
Perdue parfois a cause de sa différence
Elle gagne, sans chapeau, le concours de danse

Elle pense que tout chez elle est banal
Elle me répète d’un ton horizontal
Qu’il n’y a rien a dire, qu’il serait fatal
D’écrire sur elle en un coup de cymbale


m.l.

27.3.10

in the water, i am beautiful.
court extrait d'un work in progress.


[...] J’te fais dos parce que je m’étais juré de ne jamais pleurer devant toi, mais je sens tout de même ton dos se recourber, accabler par la lourdeur de ma soudaine peine. J’attends, je laisse aller les larmes, c’est rare, mais je me permets ce soir, parce que je connais malgré moi la suite des événements. En avant on annonce une pause. Tu te retournes, moi aussi. «Qu’est-ce qui se passe?» que t’oses demander d’une voix basse. Je te demande d’une voix faible qui ne me ressemble pas de me suivre, y’a des mots qui doivent se dire à l’abri des autres qui en savent déjà trop. À notre sortie le couloir se rétrécit sur notre passage, je me demande combien de pas il faudra franchir encore avant d’être seuls, une idée utopique entre les murs de cette université que nous abandonnons assez rapidement. On se fait face. Je m’accote sur le mur en espérant m’y fondre, passer de l’autre côté, où notre tempête a fini de souffler. Je te laisse commencer la discussion en souhaitant ma surdité. Tes mots éclatent, explosent, se fracassent à ma cage thoracique, passent au travers et atteignent le morceau de chair qui me sert de coeur avec une force insoupçonnée. Il fallait s’y attaquer pour qu’il se défende en prenant conscience de tout l’amour qu’il contient pour toi. Ça m’a fait mal en-dedans. C’était trop fort ça donnait des coups, des cris se mêlaient à mes larmes et dans tout ce fouillis j’essayais tant bien que mal de t’écouter me dire d’un ton trop calme ces mots d’abandon que je ne voulais jamais entendre sortir d’entre tes lèvres. Et en ce qui a dû durer quelques secondes, je suis devenue femme. Une vraie. Comme s’il fallait briser une fille pour qu’elle se reconstruise en femme. Le principe d’un papillon. Trop petite dans mon nouveau corps de femme, je ne savais plus quoi dire pour retenir même une infime partie de toi. Déjà effrayée par la prochaine solitude, par mon lit trop grand, il me fallait tout tenter même si je savais déjà que le mal qui t’assaille avait gagné. Je le savais parce qu’il était en train de gagner sur moi depuis quelques semaines déjà. Mais je n’étais pas prête à abandonner le combat. Tu m’as fait déclarer forfait au moment où je m’armais de courage et d’amour pour lui mener rude bataille. Je me suis écroulée. T’es parti en me laissant avec deux amies qui ont tenté de m’aimer de leur mieux pour panser mon coeur transpercé pour la première fois. L’eau que mon corps contenait s’est vidé dans le creux de leurs épaules bien plus frêles que les tiennes. [...]


J'crois que ça s'appelera «Éclats»


1.3.10

call it off.


Ma chambre est inondée du bruit de ma vie, mélodie rageuse et rythmée selon les humeurs. Y'a le silence de mon décor glacé qui tente de faire taire tout ce vacarme, qui tente de me ramener vers une accalmie probablement libératrice. Mais pour le moment y'a rien à y faire. Ce tapage est nécessaire pour m'faire oublier que son silence m'est insupportable et que le mien requiert tant d'efforts.

Parce que y'a le silence invisible, dissimulé quelque part dans une foule, caché derrière des voix qui s'élèvent dans les hauts-parleurs d'un bar où personne ne s'entend parler. Ce silence transparent qui soutient le battement d'un coeur précédant le plus attendu des baisers, ce silence transparent qui provoque le croisement d'un regard ou qui suspend le temps un instant (une éternité).

Et y'a ce silence qui crie si fort qu'on lui crie de se la fermer dans la plus grande absurdité. Ce silence qu'on n'invite pas chez-soi, qu'on aimerait briser dans une impuissance. Celui qui s'insère, tout en hésitation, qui se croit empreint de subtilité et qui nous éclate au visage alors qu'nous sommes dans l'attente d'une phrase sauvant la conversation, rassurant l'âme. Celui qui remplace les mots qui ne viennent pas, qui confirme l'absence ou le départ, qui encourage l'abandon et la muette excuse.

Les silences qui apaisent et qu'on remercient, dans les bras de notre autre ou le temps de reprendre son souffle.
Les silences qui dérangent et brusquent les larmes, dans les yeux vides de notre autre ou le temps de réaliser que le poids de la vie se fait parfois trop sentir.

Se taire pour faire mal.
Ou se taire pour bien faire.

Que nos silences soient toujours empreints de nous, témoins du fait que nous sommes au-dessus que tout mot existant. Comme plus grand que la simple existence, comme au-delà de tout.

Que nos silences soient toujours empreints de frissons, de charme perpétuel, qu'ils servent à marquer l'intensité de nos vies, comme s'ils confirmaient notre histoire sans un son.

Y'a de ces nuits où son silence m'effraie. Comme une absence.

Hum. Bruyant (brûlant) silence.

i won't regret saying this thing that i'm saying
is it better than keeping my mouth shut?
that goes without saying.
-T&S


9.2.10

many the miles.


J'pense que j'n'ai pas assez de vécu.
J'n'ai pas eu assez de claques au visages, j'n'ai pas fait assez de bons coups.
J'n'ai pas eu assez de baises,
j'n'ai pas vu assez d'larmes sur mon plancher de cuisine,
d'hommes dans mon lit et de femmes dans mes jalousies.
J'n'ai pas aimer assez encore, du moins pas assez croche ou pas assez fort.
J'pense que j'n'ai pas assez de vécu pour écrire un livre.

25.1.10

home's calling.


j'lui parlais de chez-moi, comme ça.

Le fleuve y est plus large, la respiration plus facile, le corps moins lourd et surtout moins laid. Les chemins plus tortueux, mais tellement plus simple d'accès, la neige y est plus abondante, le soleil s'y reflète plus fort, y'a une auréole au-dessus de la ville comme si quelqu'un nous protégeait d'en haut. Les gens y rient plus fort, se cachent pour pleurer, l'anglais s'y meurt, se perd dans un français franc et altéré par les langues fourchues. Les joues sont rouges, les yeux scintillent par un flot de larmes apporté par le vent cruel qui se sent chez-lui trop souvent ici. Les aveux s'étouffent dans le creux de la montagne et les baisers s'élèvent au-dessus d'elle. Je m'y sens plus grande.







20.1.10

the fear you won't fall.


J'me suis tue.
J'me suis tue ces derniers temps. Ruban rouge sur les lèvres et mains ligotées. C'est que si mes tourments ont beaucoup à maudire, mes bonheurs n'ont rien à écrire. Pour éviter de baigner dans une eau de rose des plus banales et pour fuir les phrases que des plus grands que moi ont déjà su mieux dire, j'me suis tue dans un brûlant silence. J'me balance maintenant entre une envie maladive de tout révéler, de crier ce qui m'a fait taire, en me foutant de ce que ça donnerait, probablement un ramassis de mots sans sens et répétitifs, des rimes en mour, des rimes en jour, probablement un paquet de paragraphes qu'on a lu cent fois sur d'autres lèvres dans d'autres histoires. J'me situe entre ce désir insatiable et ce goût du secret, ce caprice féminin de conserver chez-elle une panoplie de non-dits, parce que ça ne regarde personne et parce que l'idée d'instants privées sera toujours séduisante.

Et c'est en m'balançant ainsi que j'ai compris. J'ai compris que si je n'dis rien, c'est seulement que j'en suis incapable. J'suis coincée, j'ai l'souffle coupé. Affamée de mots, rassasiée de maux. Déstabilisante rareté. Éprouvante beauté.

«Depuis qu'il est là rien n'a changé, mais tout est différent.»

C'est ça au fond.

Depuis qu'il est là rien n'a changé, mais étrangement le ciel est plus clair, le Plateau est moins gris et Hochelaga plus sécurisant. Depuis qu'il est là rien n'a changé, mais bizarrement plus rien ne m'dérange, des heures d'attente à l'image que mon reflet me renvoie. Des trains trop pleins à ces gens hostiles qui les remplissent. Si la température extérieure bougeait mes humeurs, c'est aujourd'hui la chaleur de son corps qui les stabilisent. Même la noirceur ne m'fait plus peur depuis que c'est l'odeur de sa peau qui me berce dans l'sommeil, depuis que mes pieds froids ont trouvé un endroit où se nicher. Depuis qu'il est là rien n'a changé, mais devant l'miroir j'm'égare dans l'bleu de mes propres yeux, perdue dans mon esprit chargé de lui et de tout ce qu'il me dit.

«Faut avouer que dans mon quotidien, il a mis un beau bordel.»

Gamine jouant en solitaire depuis bien trop longtemps, il faut avouer que dans mon quotidien, il a foutu tout un désordre. La notion du temps nous échappe, les heures coursent contre nous à partir de minuit et les secondes s'éternisent dès qu'il quitte mon lit. Il faut avouer que le quotidien devient un mot abstrait avec lui. Mes plans sont à oublier, il les efface et les redessine à sa façon, mon horaire est chamboulé, du retard à l'avance, c'est lui qui tranche. Dans mon semblant de quotidien, le plus beau des bordels.

«Il mérite pas un texte moyen, j'ai la pression, ça craint»

C'est loin d'être au point. Il mérite pas un texte moyen, je voudrais que mes mots l'embrassent, j'voudrais que les phrases le troublent. Un jour j'trouverai bien le tour, d'écrire sur lui, sur nos jours.

«Moi si un jour j'suis un couple, je voudrais être nous deux.»



«»comme une évidence.gcm.


7.1.10


quatre mains.
ada&philou
2e étage d'une maison ancestrale
dans l'nord

y'a ingrid michaelson qui joue.


je marche. j'tombe pas, mais j't'attends. les bras croisés, pas parce qu'il fait froid, j'n'ai plus froid depuis toi, mais parce que ça m'fait sentir toute petite. mon coeur va fondre si j'reste ici encore, seule dans cette foule. mon coeur est une guimauve. un peu comme mes mains, dont la moiteur ne t'surprend même plus. demi-tour ou grand détour. j'ai peur. de c'qui nous attends. j'ai peur de me perdre dans ton odeur, entre tes doigts. et cette foule n'a rien de réconfortant, et tu ne me retrouveras jamais. comment pourrais-tu te retrouver dans cette foule et comment pourrais-tu me rejoindre dans cette tête éclatée de gamine amoureuse. t'as peur toi? si j'pense 1000 fois à tes mains dans mon dos, combien de fois penses-tu à mon nez dans ton cou? en espérant que tu marches sur la même corde que moi, j'souris malgré la tempête. j'ai le souffle court, je manque visiblement d'équilibre, le crâne coincé dans des nuages, des nuages gris, des nuages d'orage, mais quand t'es là y'a l'ciel qui s'éclaircit. malgré tout. t'amènes une brise de printemps, un sentiment de liberté. on s'envole? oui, je suis un papillon. je vole, un peu trop haut. suis-moi, s'il-te-plaît. crains pas, j'vais t'apprendre à t'élever, haut, au-dessus de tout. au-dessus de tout ce que nous espérions devenir. bien au-delà de ça. suis-moi. sens l'vent dans tes cheveux, et serre ma main dans la tienne. lentement, sans excéder. je te regarde, ça t'plaît? j'te lâche pas, tes doigts entre les miens, mais j'te tire pas. le soleil réchauffe maintenant mes joues. et mon coeur. tes yeux verts me fixent et tu acquièces, finalement. ma peur s'envole, finalement. doucement, on touche le sol. et on marche, à deux cette fois.



05.01.10.

23.12.09

lust for life

Et si on se mettait à vivre en points d'exclamation tout l'temps toi et moi?!
Plus de point d'interrogation dans nos vies, plus de question, plus d'doute
Que des éclats
Des éclats d'toi et moi partout.

15.12.09

heartbreak warfare.


i don't wanna be the one who says goodbye, but i will.
i will.
'cause maybe in the future you're gonna come back to me.



Montréal est gelé. Déjà... Déjà mes doigts rougis et craquelés, déjà mes cheveux gonflés d'électricité statique. C'est comment chez-toi? J'me le demande parce que même si l'hiver assèche ma peau déjà désséchée de la tienne, même s'il ralentit mes pas par ma peur de chuter comme à chaque fois que tes mains s'agrippaient à mes épaules, l'hiver te dessine à chaque tombée de poudre blanche. Avec ta cigarette au bec, tes souliers totalement hors-saison et tes poings serrés, t'es complètement frigorifié. J'te trouve drôle et j'me moque bien du haut de mon capuchon de poil. Cette saison t'est associée. Va savoir. Tu la détestes pourtant. Alors c'est ça... C'est comment chez-toi?!


Est-ce que tout tourne au ralenti comme ici? Au ralenti ou en accéléré, mais bref est-ce que tout tourne à une vitesse anormale?! Est-ce que tes dernières semaines ont peinturé des cernes sous tes yeux, une teinte pâle sur ton visage et un effet de crystal dans ton regard toi aussi?! Est-ce que le soleil et le sommeil te manquent autant qu'à moi? J'aime bien le gris, mais pas dans mon ciel. Est-ce que ta chambre est en bordel, ta vie aussi?! Y'a un moment qu'on s'est parlé, ça va?! Suivie par une réponse franche en quelques phrases, pas de "huhum" pas de "ouais" parce que c'est ce qu'on répond pour ne pas emmerder les gens trop longtemps avec nos galères. Tes galères et tes chimères, dis-les moi. J'crois que dernièrement j'ai évacué les couches de peine dont tu me parlais, des larmes devenus glaçons un peu partout dans mon quartier, ça pend au toît, c'est mon chemin que je trace. T'avais raison, j'me sens plus libre. Y'a d'autres histoires qui me coincent le coeur, j'te raconterai si tu veux.



J'attends de tes nouvelles en berçant mes remords d'avoir glissé une touche d'éternité dans mes au revoirs. Mes adieux mal calculés. Non, au fond c'était senti et j'n'ai pas l'droit de te dire le contraire, mais quand il fait froid comme ça j'prendrais bien une dose de toi. Gamine égoïste.



C'est comment chez-toi?! Ça va toi?!



22.11.09


parce que l'amour dans l'fond, c'est d'l'amitié qui pogne en feu.

18.11.09

if the lights go out.


À l'heure qu'il était, la nuit avait terminé de me surprendre, bientôt les néons s'allumeraient et je rentrerais chez-moi, seule et à moitié ivre dans un taxi que je paierais trop cher.

Je restais collée sur mon banc, les coudes sur le bar et la tête entre les mains, inclinée vers la gauche, tu me parlais d'un truc sans intérêt depuis des heures, m'empêchant de danser ou de m'enfuir, et parce que je ne trouvais rien à te répondre, je nous alimentais de sourires en coin en fixant mes yeux sur tes lèvres. T'étais là depuis bien trop longtemps, on baignait dans la teinte bleutée des verres vides qui traînaient devant nous, auditoire muet responsable de ton trop-plein de mots et de mon silence inhabituel. Tu devais te douter que je n'avais rien à foutre de ton discours, que j'te trouvais beau et que si ce n'était pas de ta main qui venait de se poser sur mon bras, j'serais dans mon lit depuis un moment déjà, à m'imaginer la scène que tu étais entrain de me jouer. Tu devais t'en douter parce que brusquement tu cessas de parler. Franchement, il était temps que tu te taises. J'relevai la tête et fit pivoter mes jambes vers toi pour débarquer de mon banc dans un élan. J'me mis à bafouiller quelques mots de fin de soirée, je parlais comme ça pour combler le silence que t'avais provoqué et que je ne croyais pas manquer et ta bouche se retrouva sur la mienne. Et pour 3, 5, peut-être 12 ou même 15 secondes, tu m'as embrassé. Je n'sais plus si ça m'a surprise ou pas, ça s'est passé rapidement et j'suis sortie dehors en laissant mon manteau sur mon banc, comme si le froid allait m'faire oublier. Je restais là, sans me rendre compte que j'me tenais devant la porte. J'empêchais les gens d'entrer et je les poussais à me bousculer à leur sortie. Y'a la voix gentille d'une jolie blonde qui me secoua.

- Excuse-moi... tu bloques la porte et j'suis complètement gelée!

Ta blonde.

J'me souviens plus très bien de la suite. J'ai dû me remuer et faire quelques pas de côté, j'pouvais pas me concentrer sur son visage.

T'en fais pas pour moi, je sais comment on fait dans ces histoires-là, parce que je me suis déjà tenue debout à chacune des pointes de ce triangle.

J'ai joué tous les rôles, j'espérais seulement que ce coup-là, ce n'serait que toi et moi.



17.11.09



millay&me.



past in present.


J'ai 20 ans, j'rentre tard, toute alcoolisée, la bouche toute marquée de baisers de gars dont je n'connais qu'le prénom, les collants tout troués et le vernis à ongles tout craquelé.
J'ai 20 ans, j'nois ma vie dans des verres de plastique rouge et j'vomis ma haine sur les jupes des trop jolies filles.
J'ai 20 ans, mon passé me surprend en flagrant délit de perte de temps chaque fois que j'cogne à sa porte, c'est que mon présent manque d'éclat et mon futur, d'ambition.
À 20 ans le jour a le droit de me donner tous les torts, c'est la nuit qui s'incline, m'invite chez elle et me fait danser.
À 20 ans j'délire, j'fabule, j'ai les joues en feu et l'goût du jeu.
J'ai 20 ans et la vitesse m'adore. Que ça déboule, que ça se bouscule, que ça s'intensifie et que ça s'embrase, tout, rien. Y'a le vide et le trop-plein, mes intentions et mes actions contraires, ma pudeur et ma peau dans son lit pour une heure, mon coeur plein d'noeuds et plus rien dans mes yeux.
À 20 ans, mes mains remplies de lignes qui ne savent plus quoi dire, ma tête dénudée de sa conscience et dépouillée de toute forme de raison, mon corps frustré de l'absence de regards pour le déshabiller.
À 20 ans, écorchée vive, secouée de tourments adolescents, droguée au parfum masculin et tatouée d'histoires, des belles et des très laides, des pures et des toutes croches.

À 20 ans les talons et les faux-cils.

Et à 20 ans il serait temps que je cesse de tout faire basculer pour un oui, pour un non, que j'arrête de disjoncter, de me prendre tous les murs, de me saouler par manque de courage, de me croire complètement foutue pour ensuite me retrouver bien au-dessus d'tout, il est temps que j'me démaquille, que j'me couche tôt, que j'demande pardon quand j'me fou dans une galère, que j'assume l'erreur, que j'accepte d'y avoir droit, il est temps que j'arrête tout. Et que j'recommence.



ma fièvre me clout dans l'noir.






4.11.09

electric twist


- T'es con!

T'es con d'être casse-cou, un jour tu te feras mal pour vrai mon homme, un jour tu rateras une de tes acrobaties tentées après t'être assurée que mon regard pointait dans ta direction, t'es con de ne pas rappeler en sachant que j'ai probablement eu le temps de m'imaginer le pire des scénarios dramatiques en attendant, t'es con de boire et de conduire, t'es con de me dire que je n'suis pas placée pour te faire la morale, de me dire que j'suis une enfant au matin et ta femme fatale à la tombée de la nuit, de rire de moi quand j'boude, quand j'manque le réveil, quand mes cheveux sont tout en bataille, quand j'échappe un truc, t'es vraiment con. T'es con quand tu t'impatientes, quand tu sacres, quand tu fumes, quand tu t'allumes une cigarette en me regardant comme pour me provoquer, quand tu roules vite en voiture et que j'suis à bord, quand tu t'obstines à porter ce vieux jean tout troué alors que j't'en ai offert des biens plus beaux. T'es l'pire des cons quand tu te la joues hard to get mais que tu me quêtes un lift à 3h du mat', t'es l'pire des cons de ne pas remarquer que j'ai teint mes cheveux et que je porte le bracelet que tu m'as offert. Con.

Et t'es con de me trouver jolie quand j'me réveille avec du mascara sous les yeux et un teint qui tire sur le blanc neige, t'es con de continuer de croire que tu m'aimes plus que moi j't'aime, t'es ridiculement con de m'aimer sans être capable de me donner de raison valable, t'es con quand tu te places dans mon dos et imite ma façon de me poudrer les joues, t'as pas besoin de glisser de l'argent dans ma poche quand j'sors sans toi, c'est con. C'est aussi con que ta manie de me téléphoner juste pour savoir si tout va bien au beau milieu de ma journée. Un vrai con de me dire que tu seras toujours dans les parages alors que franchement, tu l'sais que j'en doute. Un vrai de vrai de me relooker en souriant pendant que j'te raconte mes frustrations, ça ne fonctionne pas (toujours...). Si tu savais comme j'te trouve con quand tu débarques sans avertir, juste pour être là, assis à côté d'moi tsé, quand tu refuses des invitations juste parce que moi, ben ça me tente pas d'y aller à cet endroit-là. T'es con de me surprendre, moi qui aime être au courant de tout, con de te confier, moi qui répète tous les secrets, con de me faire taire en m'embrassant quand l'image que mon miroir me renvoie me fait mal.

- T'es con!

Que j'te dis trop souvent.




go ahead

Je traînais sur le sofa depuis des heures, mon cellulaire vibrait sans cesse, le téléphone «ne dérougissait pas» comme dit maman, les épisodes de ma série fétiche du moment s'enchaînaient et j'commençais à avoir chaud sous ma pile de couvertures, sous mon tas d'oreillers d'plumes. Un peu machinalement, j'me suis levée, j'ai troqué mon boxer pour un jeans, j'ai enfilé un gros pull de laine et des bottes de cuir et j'suis sortie, sans maquillage, les cheveux relevés et mon porte-feuille pour seul bagage. Malgré tous les arbres de Noël apparus bien avant leur temps dans les vitrines, c'est un air qui s'apparentait à septembre en ce début de novembre qui m'emplissait les poumons. Je n'avais aucune idée d'où j'allais, mais je préférais les grandes rues aux p'tits raccourcis parce que ces gros immeubles me font sentir toute petite et j'aime ça. J'avançais la tête basse, comme surpris du chemin que mes bottes avaient choisi de prendre. La destination se dessinait.

Je me balladais d'un bon rythme, en sautillant et en dépassant tous les gens sur ma ligne, je les bousculais presque, en petite madame pressée que je n'étais absolument pas. Au passage j'leur imaginais toutes sortes d'histoires à ces gens bousculés, je marchai même assez longtemps pour réécrire le scénario que quelques hommes m'avaient fait écrire. Leurs visages se succédaient à la vitesse des coins de rues, au prochain stop je t'aime, à la lumière tu me détestes.

J'approchais.

Mes bottes de cuir noir semblaient avoir choisi de m'emmener là, comme si l'endroit était réconfortant, comme si elle devaient s'en charger parce que je ne m'y serais jamais rendue moi-même.

En tournant l'coin j'suis entrée dans le premier commerce que j'ai vu. Une feinte aux bottes magiques et une idée qui m'a prise de me convaincre que finalement j'étais probablement sortie par manque de fond de teint make up forever à 41.00$. J'suis ressortie avec une nausée causée par ces étagères de fragrances mélangées. Je sentais bizarre là. fuck.

Je me suis arrêtée devant l'numéro de ta porte. Je l'ai regardée, en croisant les doigts pour qu'elle reste fermée.
12 pas. J'cogne en levant les yeux au ciel, j'm'exaspère mais la pleine lune semble être d'mon bord.

Tu m'ouvres doucement et tu restes flanquée devant moi. L'éclairage du fond de la pièce dessine ta silhouette à la perfection, ta carrure m'impressionne jusqu'à la cime de tes cheveux bruns. J'croyais devoir faire face à un regard qui me questionne et des sourcils qui se froncent, mais tes yeux verts regardent droit dans mes yeux bleus. J'réponds d'un sourire en coin gauche et tu te pousses pour me laisser entrer. J'te trouve beau et j'me sens comme une ado de 15 ans en m'assoyant en indiens dans ton fauteuil. Tu t'assoies à mes côtés et tu m'regardes, probablement amusé de me voir là.

- C'est mon anniversaire aujourd'hui.
- Je sais.

Tu passes ton bras autour de mes épaules et t'allume ta télé. Y'a Desperate Housewives qui joue en reprise, et tu n'as pas l'air d'avoir l'intention de changer de chaîne.