25.10.09

is love alive?

(le dernier hit radio jouait bien trop fort dans ce bar sombre illuminé de ces visages qui ne changeront jamais)

j'ai dévalé les escaliers dès que j't'ai aperçu. j'espère ne pas t'avoir serré trop fort.

- je t'aime tellement...
- moi plus.
- ...
- on fait roche-papier-ciseau pour savoir qui aime le plus qui.
- t'es con!

*** 1 2 3 !

moi papier. toi ciseau.

t'as gagné. tu m'aimes plus que j't'aime.
je gagne.








- «c'est d'l'amitié, mais comme en mieux... c'est d'l'amour en plus profond.»







21.10.09

where the wild things are

something filled up my heart with nothing
someone told me not to cry
but now that i'm older
my heart's colder
and i know...
that it's a lie.



L'aube avait ce je-ne-sais-quoi de cruel depuis quelques temps. Depuis le froid peut-être. Pas celui dehors, celui en-dedans. Ce froid qui me gèle les doigts et m'empêche de tendre un mot ou mes bras vers celui qui me fait face. Ce froid qui crispe mon visage et remet mes émotions à zéro, mon moral sous zéro. Ce froid qui me cloue au lit jusqu'à me donner un teint gris. Il coïncide avec l'arrivée de l'automne et de mes gants de laine, mais vraiment ça n'a rien à voir. L'aube me tirait d'un ailleurs meilleur que la vie depuis quelques temps et chaque fois j'lui en voulais. De me faire tomber de mon propre ciel, de me sortir de ma torpeur truffée de rêveries que j'préfère taire, de me forcer à saluer la réalité avec mes cheveux encore tout ébouriffés. Moi qui a toujours eu peur dans le noir, il avait ce je-ne-sais-quoi de réconfortant depuis quelques temps.

Et n'essayez pas de comprendre pourquoi. Pourquoi on a tant de mal à me réveiller, pourquoi la lumière me fait mal aux yeux, pourquoi mon vernis est plus foncé, pourquoi ma voix tremblote sur vos boîtes vocales, pourquoi ma valise n'est jamais complètement vidée, pourquoi j'ai toujours les cheveux attachés, pourquoi j'cris pour me faire taire et pourquoi le silence est mon enfer.

Parce que j'me suis seulement laissée bercer, puis emportée par un courant. Un courant de mélancolie bien trop fort pour mon âme empreinte de fragilité. Je me suis fondue dans cette masse de coeurs qui se craquèlent puis éclatent, dans cette foule de regards vidés par octobre et sa manie d'essayer de nous foutre à genoux, j'suis disparue en même temps que l'espoir qui planait au-dessus de nos têtes dans le numéro de septembre. Toutes ses épaules qui se courbaient, ses yeux qui s'embrouillaient de larmes, ses mentons qui plongeaient au sol, je les ai imités. Mieux que ça: j'm'en suis saoulée. J'y ai cru à notre naufrage saisonnier, si son coeur se brisait, le mien aussi avait le droit de se décomposer.


Ce courant a presque eu raison de nous.


Mais doucement on a appris à fermer les yeux, à courir dans l'imaginaire, à s'y réfugier. En plein jour se permettre de rêver, day dreaming, prendre la fuite dans un ailleurs et respirer.


Escaping... where the wild things are.

Et étrangement, la vie nous paraît plus belle chaque fois qu'on en revient.
Je vous promets.


Inside all of us is a wild thing.






7.10.09

our finish line is at the foot of my bed.


Les pieds croisés en l’air et la tête au plancher comme pour me brasser les névroses et me secouer les chagrins des derniers temps, je revivais tes mains sur moi chaque fois que mes paupières se fermaient. Un court instant ou le temps de revoir une scène entière. Notre histoire est plus claire quand on la regarde à l’envers.


***


Du plus loin que j’me souvienne (et j’ai une sale mémoire, j’ai mis les hommes de ma vie dans l’pétrin bien des fois grâce à cette force), on a toujours couru toi et moi. Je t’ai couru après comme une gamine, avec trop d’enthousiasme et bien maladroitement, pis tu m’as couru après comme un homme, avec le goût du défi mais un manque d’audace dans les yeux. On s’est mis à courir envers et contre tous. Tu me dépassais de 6 années de vie, mais du haut de ma ptite jeunesse, j’étais déterminée à te rattraper, quitte à courir en solitaire et que tu m’attendes à chaque halte, le temps d’un baiser caché et d’un autre pas assumé. On a souvent couru jusqu’à l’épuisement. On s’est arrêté pour s’abreuver auprès de quelqu’un d’autre, une âme de notre calibre qui nous reposait un moment, puis ben je te voyais filer à toute vitesse et je n’pouvais pas te laisser gagner. Je te suivais toujours. Plus forte et plus femme. Un marathon plein d’obstacles et de détours.


Et sans m’en rendre compte, j’ai trouvé ton rythme, mes battements se faisaient aller sur les tiens, en même temps, le fil d’arrivée se dessinait (enfin, que tu m’dirais).


À ce moment précis, j’ai ralenti et j’ai regardé derrière moi, derrière nous. Tout le chemin que nous avions parcouru me surprenait un peu. C’est qu’avec tous les imprévus, tous les soupirs et les envies d’cesser de courir (avouons que le défi était grand et la course à risques), j’croyais jamais qu’on se serait rendus. J’t’es pris par la main, un goût de bout du monde me pincait l’coeur, et j’mourais d’envie que tu me suives.


Le fil d’arrivée s’était déchiré. C’était gagné. J’nous croyais franchement invincibles.


On est tombé à genoux. Toi pour moi, moi pour toi.


La course avait été si longue, on avait vieilli, moi de corps, toi d’esprit.


Nous avions d’quoi être fier. «Je t’ai, tu m’as» que j’me retenais de te chuchoter depuis mes treize ans. Y’avait plus rien pour nous arrêter.


***


Sauf moi peut-être. Le bonheur coincé au fond de mon ventre ne me suffisait même pas. Le fil d’arrivée n’était plus le signal de départ que j’m’étais imaginée pour nous. Des fourmis dans les jambes et un coeur au bord des lèvres, j’voulais courir. Et j’voulais que tu me fasses courir, quitte à ce que tu t’essoufles avec une autre pour quelques kilosemaines. J’voulais emprunter d’autres pistes, te fuir et que tu me rattrapes, te semer et que tu m’retraces. J’pouvais pas rester en place. Pas avec toi. Même si j’avais mis tous mes rêves olympiques dans ta poche de hood. On faisait équipe en étant des éternels rivaux. Et cette vérité m’résonnait dans les talons à chaque pas, à chaque bouffée d’O2.


***


Et depuis que j’t’es raconté, que t’as accroché tes runnings et déclaré forfait, j’ferme les yeux dès qu’je peux et je me rejoue la fin de la course. Une reprise. Au ralenti. J’tente de comprendre ce qui s’est passé entre le coup de sifflet et mon envie trop forte de courir plus vite que toi. De courir sans toi.


J’avais tellement rien vu venir (quand on court, ce qui nous entoure s’embrouille, c’est flou...) que j’avais acheté des billets de spectacle pour nous, pour ton anniversaire.


J’suis allée les chercher ce weekend. Le gardien de sécurité m’a cruisé, m’a dit: «ben à vendredi prochain!», pis j’ai répondu avec un sourire en coin à son clin d’oeil. Incapable de lui dire: «non, c’est plus pour moi... Je les ai vendues...»


Ces billets-là sont le symbole de notre échec. De mon échec même. Si ça te fait sourire entre deux virages.


Pis j’me rejoue la course au complet. À l’envers. Je revis tes mains sur moi chaque fois que mes paupières se ferment.

30.9.09

losing sleep.

- «j'suis une goutte.»

en répétition. sur repeat. en boucles & en loops. elle avait balancé ses 4 p'tits mots-là le visage déconfi et tourné vers une vitre où s'amoncelait 4000 autres gouttes comme elle. 2 fois. elle avait balancé ses 4 p'tits mots-là en ayant dans le crâne toute la pesanteur de la signification de cette image-là.

elle était une goutte. une particule d'eau responsable du débordement de son vase, une globule liquide doté du même effet dévastateur qu'un tsunami ou qu'une grosse tempête en plein mois de février, ça fesse.

son vase plein de tiges épineuses sur lesquelles se cramponnaient toutes ses galères. son vase qui tenait le coup tant qu'elle le tenait entre ses deux mains frêles. son vase de glaise, prêt à fondre au prochain orage.

et son vase lui avait glissé des mains, par inadvertance ou selon les circonstances, ses raisons se sont liquéfier en même temps qu'elle, c'est que la vie s'était embrouillée soudainement.

l'image était tellement forte que j'me suis vue dissoute moi-aussi, réduite. j'ai vu mes pieds se pointer et mon front s'arrondir, me métamorphoser en goutte d'eau et me poser tout au bord de son vase à lui, probablement semblable au sien. solide, mais fragile.

et j'm'en voulais de voir le débordement que j'allais causer, mais j'me disais qu'il ne fallait pas oublier que ça impliquait aussi ma chute et mon écrasement au sol. j'me disais qu'il me regarderait tomber en déversant tous ses maux sur la goutte que j'étais apparemment devenue. une goutte devenue flaque devenue ... j'pas rendue là encore.


j'suis peut-être la goutte. mais t'es le trop-plein qui m'a poussée en bas du pot de fleur.


il pleut depuis des jours.


23.9.09


Pourquoi les nuages se déplacent. 





Parce qu’ils en ont le pouvoir. On pourrait penser ça. C’est facile. Si on pouvait nous aussi s’envoyer dans les airs comme bon nous semble, on aurait vu du pays depuis longtemps. Du pays, d’la terre, de l’océan et tout ce qui constitue leur plancher. On pourrait croire qu’être aussi vaporeux et léger qu’eux, on ferait de même et on filerait à toute allure, changer de direction suite à une erreur de parcours, changer le mal de place parce que ça fait du bien, changer de voie pour accélérer le trajet vers la victoire, peu importe sa nature. Les nuages se déplacent pour tuer le jugement. S’ils planent au-dessus de l’Amérique et qu’Obama les emmerde, ils se mouveront vers le Québec pour réaliser que les politiciens sont tous des emmerdeurs, peu importe le ciel qui les couvre. Ils se déplacent pour notre bien. Quand on y réfléchit un peu, ils régissent un peu nos vies ces grosses ouates. Si elles décident de voguer en choeur, notre moral est à plat par tout le gris qu’elles nous envoient. Et si elles feelent solitaires, leur distance laisse place au soleil et fait naître de belles journées pour les humains. Ou encore mieux que ça, les nuages se déplacent pour faire travailler notre imaginaire. Quand ils nous voient étendus dans une herbe verte, ils se collent et se décollent pour créer toutes sortes de formes auxquelles on donne des noms d’animaux, de créatures inventées ou de banalités de notre quotidien. Les nuages se déplacent pour nous, et pour leur fun à eux. Combien de fois on a entendu un enfant affirmer qu’un jour il aimerait bien faire un tour sur un mouton blanc céleste pour voir le monde. Dans le fond c’est peut-être juste ça, ils se déplacent pour aller voir le monde, le Monde. 







cosmogonie. rédac. 10 minutes. coll. amylie. 

14.9.09


rien à rire. rien à pleurer. rien à chialer. 
this.is.a.wake-up.call.

rock the beat.

j'ai voulu marqué le rythme de ta vie, tenté de le suivre, d'y danser ou du moins d'y taper du pied. 
y'a qu'un bourdonnement qui se faisait entendre, une pile qui s'affaiblit, un refrain repris pour la dernière fois. 
y'a qu'une cacophonie en sourdine qui faisait écouter, toute en soupirs, toute en demi-pauses. 
têtue j'm'y suis quand même balancé les hanches, j'ai tout de même secoué maladroitement mes épaules, j'ai fermé les yeux pour me concentrer et j'ai essayé de trouver une logique dans ta vie, dans ta mélodie. 
j'me suis perdue dans d'interminables mouvements qui s'enchaînaient sans chorégraphie 
j'me suis perdue dans de trop longs silences. 
j'me suis perdue parce que ce n'était pas la bonne clé. 

Tu t'étais décomposée en sol. 
j'croyais avoir affaire à une FAcile composition.


pardonne mon impatience. 
je pardonnerai tes silences. 


danse.
ou rendors-toi pour te réveiller au son de ma symphonie. 

douce et criante. 


31.8.09

we built this city.

Et moi qui roule toujours trop vite, je ralentis franchement pour tout éteindre de mon index gauche (j'suis gauchère, j'ai décidé ça à 3-4 ans). Phares, lampadaires, luminaires, belvédères. La noirceur au bout de mon doigt, au bout de moi. Croyant leur faire une faveur, je laissai les étoiles tranquille et les constellations se former. Ne connaissant que grande ourse, je l'attrape du regard partout, toujours dans l'angle de mon oeil gauche, ou de mon oeil droit, trajet vers le Nord ou vers le Sud. Je n'ai pas le sens de l'orientation. Coincée dans un black-out provoqué, j'arrête le moteur, je monte le son; same black day, high rise grave. Gênée par la civilisation, j'avais libéré la brillance du ciel et je n'l'avais que pour moi ce soir. J'n'sais trop quoi en faire. C'est grand l'infini, je n'en regarde qu'une parcelle et je m'étourdis. Ça fait peur l'infini, je ferais mieux de souhaiter un orage pour embrouiller ma vue et ne plus y penser. Je ne connais rien en astronomie de toute façon. Trop petite sous cet immensité, je rallume un lampadaire, je me sens moins seule. Il est tout incliné devant moi, que nous vaut cette révérence sur notre passage j'm'le demande. J'me demande aussi si les arbres dansent dès que nous avons le dos tourné, si les étoiles filantes ne sont en fait que de lâches décrocheuses, si les autres les regardent d'un air hautain, comme en bas, comme ici, si la route se craquèle sous le poids de nos grosses voitures ou nous dessine un chemin alternatif que nous sommes trop naïfs pour reconnaître, si, si, si, si, sifflé sur une mélodie que j'ai choisi. 


J'ai peur de moi dans le noir. Mes adieux au lampadaire incliné et j'rallume tout de mon index droit, sens inverse. Vitesse. J'aggripe un morceau de firmament que j'dissimule dans la p'tite poche intérieure de mon manteau de lune. 
Paraît que j'ai le regard qui scintille depuis. Depuis ça, ou depuis toi. 


J'conduis trop vite. 

26.8.09

sky.

Ta maison a une odeur. Ta maison a une odeur qui m'pogne au coeur. Des étés qui se comptaient sur 4 doigts avaient passés depuis que j'y avais passé la porte. Ça faisait longtemps, trop longtemps, et malgré les élans de nouvelle déco de tes parents qui trouvent la maison bien vide sans toi, rien n'avait bougé, même pas le foutu stylo près du téléphone. Ta mère place toujours les bonbons sur la plus haute tablette et cache toujours ses sous au même endroit, un emplacement qu'on avait mis peu de temps à découvrir... Fuck même la vaisselle qui traînait dans l'évier devait être la même «dans le temps». 

Poussée par les échos de notre dernière rencontre, j'ai  grimpé les escaliers d'un pas un peu tremblotant, c'est niaiseux, je craignais ce que j'allais voir à l'étage. Sans y penser j'ai tourné mes talons vers la gauche, un p'tit chemin que j'ai parcouru tant de fois. Je me suis arrêtée sec dans le cadre de ta porte, je n'aurais pas osé un pas de plus. 

- «Ça sent le mort là-dedans à c't'heure j'trouve...», que ta soeur m'a lancé. 
- Ouais... 

Sans tes t-shirts rangés sur le plancher, ton affreuse couverture que tu t'obstinais à étendre sur ton lit, ton bureau en bordel et ton pot dans l'coin, ça donne un coup. Rien n'avait changé dans cette foutue maison prête à craquer sous tous les souvenirs qu'elle porte, mais ta chambre n'avait rien de la pièce qui nous a connu. 

Les bras croisés, j'ai revisionné le film de notre vie dans cette chambre de gamin... Les baisers, les chuchotements, les fous rires, les «fais attention pour pas réveiller les parents», les bijoux oubliés sur ta table de chevet, les «allez réveille-toi!», les sauts dans la chambre de ta soeur, juste à côté... Merde ça défilait. Ça défilait et sans m'en rendre compte, j'te jure, mes deux pieds m'avaient conduit jusqu'à la porte de ton garde-robe, entreouverte comme avant c'est drôle... En un coup d'oeil ce que je cherchais sans le chercher m'a sauté aux yeux. La boîte. La maudite boîte blanche que j'avais barbouillé et rempli de trucs qui te feraient penser un peu à moi pour tes 16 ans. Je savais qu'elle allait être toujours là. J'te l'avais offerte une nuit de perséides. 

Chaque nuit de perséides t'est dédié depuis. Dédié à l'homme que j'ai connu, pas à celui que t'es devenu. 

-seeing you like this, down and hurt so badly
when you have been so kept together...
what's this?-

J'suis sortie de ta chambre le coeur gonflé de peine et de colère, un peu comme j'suis sortie de ce bar samedi dernier. 








24.8.09


"tick tick tick on the watch and life's too short for me to stop
baby, your time is running out
i won't let you turn around,
and tell me now I'm much too proud
all you do is fill me up with doubt"

this time baby i'll be bulletproof

la suite.bientôt.
 

22.8.09

lose all control.

On est le 20 août. J'sais pas quel jour de la semaine on est, j'reviens d'un long voyage et j'suis mêlée, «sur le décalage horaire» que j'dis à tout le monde, mais c'pas vrai, ça n'm'affecte jamais ça, ce n'est qu'une excuse pour mes incongruïtés. 


On est le 20 août et ça fait 17 dodos que j'attends cette date-là. Il fait chaud dehors, un beau soir d'été, j'trouve ça le fun. J'me dis que j'devrais porter un short blanc pour montrer mon bronzage et mes plus hauts talons en espérant qu'il me dépassera toujours de quelques pouces. J'suis superficielle. J'mets 40 minutes à me préparer. J'sens bon. La musique joue ben trop fort dans ma chambre, mais je n'en pouvais plus d'entendre mon coeur se débattre pour sortir de ma poitrine et me traîner par la main pour que j'accélère. 


J'embarque dans ma voiture 15 minutes en retard dans mon horaire. Y'ont mis de l'asphalte neuve sur la 132, ça roule ben en criss. La belle alphalte efface mon retard et j'arrive pile à l'heure. L'heure des retrouvailles, des cris hystériques et des yeux plein de paillettes. L'heure de tout se dire en fast forward, y'a le temps à rattraper, un été nous a séparé, pis une gang de filles, tu sépares pas ça trois mois de temps.  


- blah blah blah. 


(sourire. éclats de rire. 2 becs. sourire. x2.) 


La nuit pour complice, les constellations s'entassent et je passe la porte de ce bar jamais assez bondé avec une nouvelle assurance achetée en Europe. Deux mots, deux drinks. Sky's the limit. J'm'avance sur ce plancher de danse que j'ai trop de fois martelé de mes pas en me secouant les cheveux, admirant mon escouade déjà sur place. La tête par en arrière, les bras en l'air et ma voix qui s'élève, j'ai envie de crier à ma nouvelle liberté. 


Entre deux sourires échangés entre amis de bien trop longue date, son parfum me prend au coeur comme s'il me tenait par derrière, sa peut-être présence dans l'endroit me secoue. Je me presse à sortir comme si je manquais d'air et son reflet se dessine dans le coin de mon oeil droit. Les mains dans les poches je me flanque devant lui. Il s'est levé de son siège comme au ralenti, je l'ai attendu une éternité il me semble, y'est venu m'embrasser. On avait tout à se dire, aucun mot n'était que calibre pourtant, et pour l'instant, on s'en foutait. 


Les mains dans ses poches, j'le gardais avec moi pour la nuit...


I gotta feeling that tonight's gonna be a good night. 


Ses bras autour de mes épaules, j'reconnaissais tous les visages qui m'entouraient, et la vie était belle en esti. 

J'voudrais raconter la suite, tout ce qui s'est dit, tout ce qu'on a trouvé drôle, j'voudrais raconter que V a oublié ses clefs dans son char, que J nous a fait éclater de rire à plusieurs reprises, que l'autre V avait une chance sur 5 de faire l'amour ce soir-là, que les deux hommes de ma vie étaient là, et que c'est tout ce que j'demandais, qu'on m'a payé trop de verres, qu'on a veillé sur le perron trop longtemps, que mes deux chansons préférées se sont enchaînées et qu'on ne s'est jamais couché, mais j'préfère me taire. 


J'vais me préparer. On sort ce soir. 






25.7.09

no past land.


marry me today.
Je me suis mise à pleurer quand la vague blanche m'a frappée les chevilles cet après-midi là. Ça m'a surprise. Je connaissais pourtant le phénomène, ce n'était pas les larmes d'une enfant qui craint ses premières fois. Tout aussi étonné de moi de voir des larmes tombés au pied de cette plage qui n'en avait probablement jamais reçues, un homme s'est arrêté pour me demander ce qui me préoccupait et parce que je n'en avais absolument aucune idée à ce moment précis, j'ai préféré lui répondre de se mêler de ses affaires, une réponse qui n'avait pas sa place au milieu de ces châteaux et de ces nuages bien trop blancs pour être des vrais. Je continue de croire qu'un enfant les fabrique de ses ptites mains pures et les balance dans le ciel à sa guise. Bref...

Bref j'pleurais. Pour rien et pour toi à la fois. C'est le bien trop émotif Damien Rice qui se lamentait dans mes oreilles qui m'a chuchoté la cause de mes yeux humides... J'pleurais pour toutes les vagues que j'ai bravé sans toi, à contre-courant, pour toutes nos marées hautes et nos marées basses, pour nos tempêtes, celles qui font chavirer le plus mignon des canots jusqu'à celles qui provoquent le plus sale des naufrages, pour toutes mes presques noyades et toutes tes tentatives de sauvetage, pour nos efforts pour s'éloigner du rivage, pour les bourrasques qui nous rejettaient sur les berges avant la fin du voyage, pour tous les kilomètres que j'ai fait à la nage, pour te fuir ou pour te rejoindre. C'est sur cet autre continent, maintenant que j'ai jetté l'ancre, que je me donne la permission de verser quelques-unes de mon trop-plein de larmes salées dans l'océan, juste parce que tu n'es pas là, pour me faire l'amour sur cette plage, le temps d'une accalmie.



13.7.09

Iryna

J’me suis demandée si aux yeux des autres tu passais inaperçue la première fois que j’t’es vue. J’me suis demandée si j’étais la seule que t’intriguait. Avouons qu’en ne nourrissant mes jours que de longues attentes derrière un comptoir de bois qu’à semi-verni, le temps m’a rattrapée et a pris l’iniative d’assouvir toutes mes banalités. Il faut dire qu’avec ta tignasse dorée et ta silhouette félinienne, t’as le potentiel de faire de ton chemin dans plusieurs crânes… Un avantage que tu gaspilles en te roulant les épaules et en épiant le plancher. Une chance que tu repousses en affichant toutes tes mauvaises manies et l’ampleur de ta maladresse bien trop calculée. Une longueur d’avance qui s’annule à chacun de tes pas mal assuré. L’idée de te transformer m’avait traversé l’esprit. Du haut de mon statut d’employé, j’étais persuadée de détenir les quelques mots qui auraient fait grimper ta confiance en ce monde, même propulsée dans ce pays d’étrangers qui ne comprennent pas ton langage. Ah oui, j’étais certaine qu’une phrase ou deux allaient t’encourager à retirer tous tes masques et à relever le menton. Ta maudite solitude dérangeait. Comme si les autres connaissaient tes secrets et n’avaient aucune envie de les partager avec toi. Ou encore comme si tu t’étais entêtée à bâtir des murs de verre autour de ta fragilité. Te sauver ou m’éloigner de ta pureté trop évidente pour ton âge était le dilemme du moment. Puis un matin, tu t’es totalement métamorphosée. L’enfant timide dont tu devais te débarrasser semblait t’avoir désertée au courant de la nuit, quelque part. T’as fait tout un vacarme en passant la porte du restaurant ce jour-là. Des talons hauts qui ne t’allaient pas du tout dans les pieds, ta démarche vers la machine à café ne s’était jamais autant affirmée. À ce moment précis, j’ai su que non, tu ne passais certainement pas inaperçue, surtout vêtue de ce sourire que tu avais décidé de nous cacher dès ton arrivée en Angleterre. Quelques instants plus tard, j’ai appris que tu retournais à la maison ce jour-là.

There is no place like home. Can we really be ourselves outside of it?

26.6.09

Brighton, UK, 26 juin 2009.


Ça sent la mer, la vraie, celle qui provoquait mes hauts-le-coeur après des heures de voiture à voyager vers la Gaspésie, ça sent la Gaspésie. Mais on s’y habitue après quelques jours l’air salin ne nous surprend plus… On s’y habitue trop vite peut-être.



C’est plein de poussettes, d’enfants nés d’une vague. C’est plein d’enfants et de personnes âgées qui se nourrissent exclusivement de glace et de barbe à papa sur un vieux quai décoré d’un carrousel et de quarante-huit machines à sous.


Ça semble être le lieu d’évasion de bien des hommes et des femmes en quête d’une dernière folie avant de se passer l’anneau au doigt, on dirait aussi que tous les rejetons de cette société anglaise y ont trouvé leur terre d’accueil. Les ados n’ont aucune pudeur et ne manquent pas de panache, leur délinquance transpire dans les bars entassés sur les rues comme s’ils se soutenaient les uns sur les autres, leur indifférence transparaît dans chacun de leur mouvement et cette période de passage vers la vie de grande personne ne semble jamais se terminer. Une odeur de liberté se mélange à ma peau parfumeé à l’écran solaire et à l’aloès. C’est que le soleil tappe fort ici.



C’est vide d’âmes grises comme la mienne, celles qui flottent ici se retrouvent probablement doré par les rayons qui fuient entre les pierres blanches et jaunâtres de cette interminable plage. Mes ongles prennent une teinte rosée, et mon âme a l’air de doucement faire de même…



Tranquillement, les idées se transforment avec les marées. Un peu plus rapidement que prévu, des visages s’embrouillent et d’autres alimentent les instants d’ennui. Bien trop vite, je grandis d’un pied et je saisis le bonheur de la main gauche...

tied down.

T’es pas le genre de gars qui reçoit du courrier… Les lettres parfumées de sa fragrance et saupoudrées de soupirs et de joues qui se colorent, tu connais pas. T’es pas le genre de gars qui cache une boîte en carton noir sur la derrière tablette de son garde-robe, labellé d’un truc aussi kitsh que «Memories», verrouillée d’un simple ruban de satin et rempli de banalités qui se prennent pour des trésors. T’es pas non plus le genre de gars qui provoque l’insomnie, les frissons, la grève de la faim ou la boulimie. Tu seras jamais le genre de gars qui se fait réveiller en pleine nuit par le bruit des cailloux lancés dans sa fenêtre, ou qui se voit forcer de garder les yeux ouverts jusqu’aux petites heures pour écouter le récit de sa vie familiale et de ses ambitions. Ton nom n’est même pas matière à graver sur les pupitres d’école ou dans les salles de bain des filles. Ton corps ne vaut pas la peine d’être dessiné dans aucun cahier. On n’agence pas ton prénom à celui d’une autre, les unissant dans un cœur traversé d’une flèche.


Tu dois même pas savoir que les filles aiment être embrassées sous la pluie, mais qu’elles le regrettent quand tu regardes ensuite leurs cheveux avec un drôle d’air, que des fleurs offertes sans aucune raison, ce n’est pas louche, c’est 30 points boni, qu’une facture au restaurant ne se divise pas en deux et qu’une porte tenue ouverte, ben c’est encore ben correct.



Non, toi t’es le genre de gars qui crache sur les histoires et embrasse les idylles. Le type qui s’en fou, qui ne remarque que les gains de poids et les erreurs capillaires, qui a peur des femmes… mais qui ne pourrait dormir sans elles.

Le genre de gars à qui on s’interdit de penser, pour une nuit ou pour la vie. T’es l’inaccessible, t’es l’invincible, t’es l’homme-enfant, t’es celui qu’on ne veut pas, qu’on aime détester et qu’on déteste aimer.



T’es celui qu’on ne regarde pas dans les yeux trop longtemps, une question de secondes et il est trop tard. Ton odeur dans les narines malgré tout ce qui flotte dans l’air, ton visage dans le crâne malgré la foule qui dérange, toi qui réussit à se faire entendre même en chuchotant et tes mots qui martèlent malgré le vacarme qui enrage.



T’es pas le bon. Mais j’sais que t’es le mien.

Eh merde.


Tu me permets de continuer de te garocher des mots par la tête?