30.9.09

losing sleep.

- «j'suis une goutte.»

en répétition. sur repeat. en boucles & en loops. elle avait balancé ses 4 p'tits mots-là le visage déconfi et tourné vers une vitre où s'amoncelait 4000 autres gouttes comme elle. 2 fois. elle avait balancé ses 4 p'tits mots-là en ayant dans le crâne toute la pesanteur de la signification de cette image-là.

elle était une goutte. une particule d'eau responsable du débordement de son vase, une globule liquide doté du même effet dévastateur qu'un tsunami ou qu'une grosse tempête en plein mois de février, ça fesse.

son vase plein de tiges épineuses sur lesquelles se cramponnaient toutes ses galères. son vase qui tenait le coup tant qu'elle le tenait entre ses deux mains frêles. son vase de glaise, prêt à fondre au prochain orage.

et son vase lui avait glissé des mains, par inadvertance ou selon les circonstances, ses raisons se sont liquéfier en même temps qu'elle, c'est que la vie s'était embrouillée soudainement.

l'image était tellement forte que j'me suis vue dissoute moi-aussi, réduite. j'ai vu mes pieds se pointer et mon front s'arrondir, me métamorphoser en goutte d'eau et me poser tout au bord de son vase à lui, probablement semblable au sien. solide, mais fragile.

et j'm'en voulais de voir le débordement que j'allais causer, mais j'me disais qu'il ne fallait pas oublier que ça impliquait aussi ma chute et mon écrasement au sol. j'me disais qu'il me regarderait tomber en déversant tous ses maux sur la goutte que j'étais apparemment devenue. une goutte devenue flaque devenue ... j'pas rendue là encore.


j'suis peut-être la goutte. mais t'es le trop-plein qui m'a poussée en bas du pot de fleur.


il pleut depuis des jours.


23.9.09


Pourquoi les nuages se déplacent. 





Parce qu’ils en ont le pouvoir. On pourrait penser ça. C’est facile. Si on pouvait nous aussi s’envoyer dans les airs comme bon nous semble, on aurait vu du pays depuis longtemps. Du pays, d’la terre, de l’océan et tout ce qui constitue leur plancher. On pourrait croire qu’être aussi vaporeux et léger qu’eux, on ferait de même et on filerait à toute allure, changer de direction suite à une erreur de parcours, changer le mal de place parce que ça fait du bien, changer de voie pour accélérer le trajet vers la victoire, peu importe sa nature. Les nuages se déplacent pour tuer le jugement. S’ils planent au-dessus de l’Amérique et qu’Obama les emmerde, ils se mouveront vers le Québec pour réaliser que les politiciens sont tous des emmerdeurs, peu importe le ciel qui les couvre. Ils se déplacent pour notre bien. Quand on y réfléchit un peu, ils régissent un peu nos vies ces grosses ouates. Si elles décident de voguer en choeur, notre moral est à plat par tout le gris qu’elles nous envoient. Et si elles feelent solitaires, leur distance laisse place au soleil et fait naître de belles journées pour les humains. Ou encore mieux que ça, les nuages se déplacent pour faire travailler notre imaginaire. Quand ils nous voient étendus dans une herbe verte, ils se collent et se décollent pour créer toutes sortes de formes auxquelles on donne des noms d’animaux, de créatures inventées ou de banalités de notre quotidien. Les nuages se déplacent pour nous, et pour leur fun à eux. Combien de fois on a entendu un enfant affirmer qu’un jour il aimerait bien faire un tour sur un mouton blanc céleste pour voir le monde. Dans le fond c’est peut-être juste ça, ils se déplacent pour aller voir le monde, le Monde. 







cosmogonie. rédac. 10 minutes. coll. amylie. 

14.9.09


rien à rire. rien à pleurer. rien à chialer. 
this.is.a.wake-up.call.

rock the beat.

j'ai voulu marqué le rythme de ta vie, tenté de le suivre, d'y danser ou du moins d'y taper du pied. 
y'a qu'un bourdonnement qui se faisait entendre, une pile qui s'affaiblit, un refrain repris pour la dernière fois. 
y'a qu'une cacophonie en sourdine qui faisait écouter, toute en soupirs, toute en demi-pauses. 
têtue j'm'y suis quand même balancé les hanches, j'ai tout de même secoué maladroitement mes épaules, j'ai fermé les yeux pour me concentrer et j'ai essayé de trouver une logique dans ta vie, dans ta mélodie. 
j'me suis perdue dans d'interminables mouvements qui s'enchaînaient sans chorégraphie 
j'me suis perdue dans de trop longs silences. 
j'me suis perdue parce que ce n'était pas la bonne clé. 

Tu t'étais décomposée en sol. 
j'croyais avoir affaire à une FAcile composition.


pardonne mon impatience. 
je pardonnerai tes silences. 


danse.
ou rendors-toi pour te réveiller au son de ma symphonie. 

douce et criante. 


31.8.09

we built this city.

Et moi qui roule toujours trop vite, je ralentis franchement pour tout éteindre de mon index gauche (j'suis gauchère, j'ai décidé ça à 3-4 ans). Phares, lampadaires, luminaires, belvédères. La noirceur au bout de mon doigt, au bout de moi. Croyant leur faire une faveur, je laissai les étoiles tranquille et les constellations se former. Ne connaissant que grande ourse, je l'attrape du regard partout, toujours dans l'angle de mon oeil gauche, ou de mon oeil droit, trajet vers le Nord ou vers le Sud. Je n'ai pas le sens de l'orientation. Coincée dans un black-out provoqué, j'arrête le moteur, je monte le son; same black day, high rise grave. Gênée par la civilisation, j'avais libéré la brillance du ciel et je n'l'avais que pour moi ce soir. J'n'sais trop quoi en faire. C'est grand l'infini, je n'en regarde qu'une parcelle et je m'étourdis. Ça fait peur l'infini, je ferais mieux de souhaiter un orage pour embrouiller ma vue et ne plus y penser. Je ne connais rien en astronomie de toute façon. Trop petite sous cet immensité, je rallume un lampadaire, je me sens moins seule. Il est tout incliné devant moi, que nous vaut cette révérence sur notre passage j'm'le demande. J'me demande aussi si les arbres dansent dès que nous avons le dos tourné, si les étoiles filantes ne sont en fait que de lâches décrocheuses, si les autres les regardent d'un air hautain, comme en bas, comme ici, si la route se craquèle sous le poids de nos grosses voitures ou nous dessine un chemin alternatif que nous sommes trop naïfs pour reconnaître, si, si, si, si, sifflé sur une mélodie que j'ai choisi. 


J'ai peur de moi dans le noir. Mes adieux au lampadaire incliné et j'rallume tout de mon index droit, sens inverse. Vitesse. J'aggripe un morceau de firmament que j'dissimule dans la p'tite poche intérieure de mon manteau de lune. 
Paraît que j'ai le regard qui scintille depuis. Depuis ça, ou depuis toi. 


J'conduis trop vite. 

26.8.09

sky.

Ta maison a une odeur. Ta maison a une odeur qui m'pogne au coeur. Des étés qui se comptaient sur 4 doigts avaient passés depuis que j'y avais passé la porte. Ça faisait longtemps, trop longtemps, et malgré les élans de nouvelle déco de tes parents qui trouvent la maison bien vide sans toi, rien n'avait bougé, même pas le foutu stylo près du téléphone. Ta mère place toujours les bonbons sur la plus haute tablette et cache toujours ses sous au même endroit, un emplacement qu'on avait mis peu de temps à découvrir... Fuck même la vaisselle qui traînait dans l'évier devait être la même «dans le temps». 

Poussée par les échos de notre dernière rencontre, j'ai  grimpé les escaliers d'un pas un peu tremblotant, c'est niaiseux, je craignais ce que j'allais voir à l'étage. Sans y penser j'ai tourné mes talons vers la gauche, un p'tit chemin que j'ai parcouru tant de fois. Je me suis arrêtée sec dans le cadre de ta porte, je n'aurais pas osé un pas de plus. 

- «Ça sent le mort là-dedans à c't'heure j'trouve...», que ta soeur m'a lancé. 
- Ouais... 

Sans tes t-shirts rangés sur le plancher, ton affreuse couverture que tu t'obstinais à étendre sur ton lit, ton bureau en bordel et ton pot dans l'coin, ça donne un coup. Rien n'avait changé dans cette foutue maison prête à craquer sous tous les souvenirs qu'elle porte, mais ta chambre n'avait rien de la pièce qui nous a connu. 

Les bras croisés, j'ai revisionné le film de notre vie dans cette chambre de gamin... Les baisers, les chuchotements, les fous rires, les «fais attention pour pas réveiller les parents», les bijoux oubliés sur ta table de chevet, les «allez réveille-toi!», les sauts dans la chambre de ta soeur, juste à côté... Merde ça défilait. Ça défilait et sans m'en rendre compte, j'te jure, mes deux pieds m'avaient conduit jusqu'à la porte de ton garde-robe, entreouverte comme avant c'est drôle... En un coup d'oeil ce que je cherchais sans le chercher m'a sauté aux yeux. La boîte. La maudite boîte blanche que j'avais barbouillé et rempli de trucs qui te feraient penser un peu à moi pour tes 16 ans. Je savais qu'elle allait être toujours là. J'te l'avais offerte une nuit de perséides. 

Chaque nuit de perséides t'est dédié depuis. Dédié à l'homme que j'ai connu, pas à celui que t'es devenu. 

-seeing you like this, down and hurt so badly
when you have been so kept together...
what's this?-

J'suis sortie de ta chambre le coeur gonflé de peine et de colère, un peu comme j'suis sortie de ce bar samedi dernier. 








24.8.09


"tick tick tick on the watch and life's too short for me to stop
baby, your time is running out
i won't let you turn around,
and tell me now I'm much too proud
all you do is fill me up with doubt"

this time baby i'll be bulletproof

la suite.bientôt.
 

22.8.09

lose all control.

On est le 20 août. J'sais pas quel jour de la semaine on est, j'reviens d'un long voyage et j'suis mêlée, «sur le décalage horaire» que j'dis à tout le monde, mais c'pas vrai, ça n'm'affecte jamais ça, ce n'est qu'une excuse pour mes incongruïtés. 


On est le 20 août et ça fait 17 dodos que j'attends cette date-là. Il fait chaud dehors, un beau soir d'été, j'trouve ça le fun. J'me dis que j'devrais porter un short blanc pour montrer mon bronzage et mes plus hauts talons en espérant qu'il me dépassera toujours de quelques pouces. J'suis superficielle. J'mets 40 minutes à me préparer. J'sens bon. La musique joue ben trop fort dans ma chambre, mais je n'en pouvais plus d'entendre mon coeur se débattre pour sortir de ma poitrine et me traîner par la main pour que j'accélère. 


J'embarque dans ma voiture 15 minutes en retard dans mon horaire. Y'ont mis de l'asphalte neuve sur la 132, ça roule ben en criss. La belle alphalte efface mon retard et j'arrive pile à l'heure. L'heure des retrouvailles, des cris hystériques et des yeux plein de paillettes. L'heure de tout se dire en fast forward, y'a le temps à rattraper, un été nous a séparé, pis une gang de filles, tu sépares pas ça trois mois de temps.  


- blah blah blah. 


(sourire. éclats de rire. 2 becs. sourire. x2.) 


La nuit pour complice, les constellations s'entassent et je passe la porte de ce bar jamais assez bondé avec une nouvelle assurance achetée en Europe. Deux mots, deux drinks. Sky's the limit. J'm'avance sur ce plancher de danse que j'ai trop de fois martelé de mes pas en me secouant les cheveux, admirant mon escouade déjà sur place. La tête par en arrière, les bras en l'air et ma voix qui s'élève, j'ai envie de crier à ma nouvelle liberté. 


Entre deux sourires échangés entre amis de bien trop longue date, son parfum me prend au coeur comme s'il me tenait par derrière, sa peut-être présence dans l'endroit me secoue. Je me presse à sortir comme si je manquais d'air et son reflet se dessine dans le coin de mon oeil droit. Les mains dans les poches je me flanque devant lui. Il s'est levé de son siège comme au ralenti, je l'ai attendu une éternité il me semble, y'est venu m'embrasser. On avait tout à se dire, aucun mot n'était que calibre pourtant, et pour l'instant, on s'en foutait. 


Les mains dans ses poches, j'le gardais avec moi pour la nuit...


I gotta feeling that tonight's gonna be a good night. 


Ses bras autour de mes épaules, j'reconnaissais tous les visages qui m'entouraient, et la vie était belle en esti. 

J'voudrais raconter la suite, tout ce qui s'est dit, tout ce qu'on a trouvé drôle, j'voudrais raconter que V a oublié ses clefs dans son char, que J nous a fait éclater de rire à plusieurs reprises, que l'autre V avait une chance sur 5 de faire l'amour ce soir-là, que les deux hommes de ma vie étaient là, et que c'est tout ce que j'demandais, qu'on m'a payé trop de verres, qu'on a veillé sur le perron trop longtemps, que mes deux chansons préférées se sont enchaînées et qu'on ne s'est jamais couché, mais j'préfère me taire. 


J'vais me préparer. On sort ce soir. 






25.7.09

no past land.


marry me today.
Je me suis mise à pleurer quand la vague blanche m'a frappée les chevilles cet après-midi là. Ça m'a surprise. Je connaissais pourtant le phénomène, ce n'était pas les larmes d'une enfant qui craint ses premières fois. Tout aussi étonné de moi de voir des larmes tombés au pied de cette plage qui n'en avait probablement jamais reçues, un homme s'est arrêté pour me demander ce qui me préoccupait et parce que je n'en avais absolument aucune idée à ce moment précis, j'ai préféré lui répondre de se mêler de ses affaires, une réponse qui n'avait pas sa place au milieu de ces châteaux et de ces nuages bien trop blancs pour être des vrais. Je continue de croire qu'un enfant les fabrique de ses ptites mains pures et les balance dans le ciel à sa guise. Bref...

Bref j'pleurais. Pour rien et pour toi à la fois. C'est le bien trop émotif Damien Rice qui se lamentait dans mes oreilles qui m'a chuchoté la cause de mes yeux humides... J'pleurais pour toutes les vagues que j'ai bravé sans toi, à contre-courant, pour toutes nos marées hautes et nos marées basses, pour nos tempêtes, celles qui font chavirer le plus mignon des canots jusqu'à celles qui provoquent le plus sale des naufrages, pour toutes mes presques noyades et toutes tes tentatives de sauvetage, pour nos efforts pour s'éloigner du rivage, pour les bourrasques qui nous rejettaient sur les berges avant la fin du voyage, pour tous les kilomètres que j'ai fait à la nage, pour te fuir ou pour te rejoindre. C'est sur cet autre continent, maintenant que j'ai jetté l'ancre, que je me donne la permission de verser quelques-unes de mon trop-plein de larmes salées dans l'océan, juste parce que tu n'es pas là, pour me faire l'amour sur cette plage, le temps d'une accalmie.



13.7.09

Iryna

J’me suis demandée si aux yeux des autres tu passais inaperçue la première fois que j’t’es vue. J’me suis demandée si j’étais la seule que t’intriguait. Avouons qu’en ne nourrissant mes jours que de longues attentes derrière un comptoir de bois qu’à semi-verni, le temps m’a rattrapée et a pris l’iniative d’assouvir toutes mes banalités. Il faut dire qu’avec ta tignasse dorée et ta silhouette félinienne, t’as le potentiel de faire de ton chemin dans plusieurs crânes… Un avantage que tu gaspilles en te roulant les épaules et en épiant le plancher. Une chance que tu repousses en affichant toutes tes mauvaises manies et l’ampleur de ta maladresse bien trop calculée. Une longueur d’avance qui s’annule à chacun de tes pas mal assuré. L’idée de te transformer m’avait traversé l’esprit. Du haut de mon statut d’employé, j’étais persuadée de détenir les quelques mots qui auraient fait grimper ta confiance en ce monde, même propulsée dans ce pays d’étrangers qui ne comprennent pas ton langage. Ah oui, j’étais certaine qu’une phrase ou deux allaient t’encourager à retirer tous tes masques et à relever le menton. Ta maudite solitude dérangeait. Comme si les autres connaissaient tes secrets et n’avaient aucune envie de les partager avec toi. Ou encore comme si tu t’étais entêtée à bâtir des murs de verre autour de ta fragilité. Te sauver ou m’éloigner de ta pureté trop évidente pour ton âge était le dilemme du moment. Puis un matin, tu t’es totalement métamorphosée. L’enfant timide dont tu devais te débarrasser semblait t’avoir désertée au courant de la nuit, quelque part. T’as fait tout un vacarme en passant la porte du restaurant ce jour-là. Des talons hauts qui ne t’allaient pas du tout dans les pieds, ta démarche vers la machine à café ne s’était jamais autant affirmée. À ce moment précis, j’ai su que non, tu ne passais certainement pas inaperçue, surtout vêtue de ce sourire que tu avais décidé de nous cacher dès ton arrivée en Angleterre. Quelques instants plus tard, j’ai appris que tu retournais à la maison ce jour-là.

There is no place like home. Can we really be ourselves outside of it?

26.6.09

Brighton, UK, 26 juin 2009.


Ça sent la mer, la vraie, celle qui provoquait mes hauts-le-coeur après des heures de voiture à voyager vers la Gaspésie, ça sent la Gaspésie. Mais on s’y habitue après quelques jours l’air salin ne nous surprend plus… On s’y habitue trop vite peut-être.



C’est plein de poussettes, d’enfants nés d’une vague. C’est plein d’enfants et de personnes âgées qui se nourrissent exclusivement de glace et de barbe à papa sur un vieux quai décoré d’un carrousel et de quarante-huit machines à sous.


Ça semble être le lieu d’évasion de bien des hommes et des femmes en quête d’une dernière folie avant de se passer l’anneau au doigt, on dirait aussi que tous les rejetons de cette société anglaise y ont trouvé leur terre d’accueil. Les ados n’ont aucune pudeur et ne manquent pas de panache, leur délinquance transpire dans les bars entassés sur les rues comme s’ils se soutenaient les uns sur les autres, leur indifférence transparaît dans chacun de leur mouvement et cette période de passage vers la vie de grande personne ne semble jamais se terminer. Une odeur de liberté se mélange à ma peau parfumeé à l’écran solaire et à l’aloès. C’est que le soleil tappe fort ici.



C’est vide d’âmes grises comme la mienne, celles qui flottent ici se retrouvent probablement doré par les rayons qui fuient entre les pierres blanches et jaunâtres de cette interminable plage. Mes ongles prennent une teinte rosée, et mon âme a l’air de doucement faire de même…



Tranquillement, les idées se transforment avec les marées. Un peu plus rapidement que prévu, des visages s’embrouillent et d’autres alimentent les instants d’ennui. Bien trop vite, je grandis d’un pied et je saisis le bonheur de la main gauche...

tied down.

T’es pas le genre de gars qui reçoit du courrier… Les lettres parfumées de sa fragrance et saupoudrées de soupirs et de joues qui se colorent, tu connais pas. T’es pas le genre de gars qui cache une boîte en carton noir sur la derrière tablette de son garde-robe, labellé d’un truc aussi kitsh que «Memories», verrouillée d’un simple ruban de satin et rempli de banalités qui se prennent pour des trésors. T’es pas non plus le genre de gars qui provoque l’insomnie, les frissons, la grève de la faim ou la boulimie. Tu seras jamais le genre de gars qui se fait réveiller en pleine nuit par le bruit des cailloux lancés dans sa fenêtre, ou qui se voit forcer de garder les yeux ouverts jusqu’aux petites heures pour écouter le récit de sa vie familiale et de ses ambitions. Ton nom n’est même pas matière à graver sur les pupitres d’école ou dans les salles de bain des filles. Ton corps ne vaut pas la peine d’être dessiné dans aucun cahier. On n’agence pas ton prénom à celui d’une autre, les unissant dans un cœur traversé d’une flèche.


Tu dois même pas savoir que les filles aiment être embrassées sous la pluie, mais qu’elles le regrettent quand tu regardes ensuite leurs cheveux avec un drôle d’air, que des fleurs offertes sans aucune raison, ce n’est pas louche, c’est 30 points boni, qu’une facture au restaurant ne se divise pas en deux et qu’une porte tenue ouverte, ben c’est encore ben correct.



Non, toi t’es le genre de gars qui crache sur les histoires et embrasse les idylles. Le type qui s’en fou, qui ne remarque que les gains de poids et les erreurs capillaires, qui a peur des femmes… mais qui ne pourrait dormir sans elles.

Le genre de gars à qui on s’interdit de penser, pour une nuit ou pour la vie. T’es l’inaccessible, t’es l’invincible, t’es l’homme-enfant, t’es celui qu’on ne veut pas, qu’on aime détester et qu’on déteste aimer.



T’es celui qu’on ne regarde pas dans les yeux trop longtemps, une question de secondes et il est trop tard. Ton odeur dans les narines malgré tout ce qui flotte dans l’air, ton visage dans le crâne malgré la foule qui dérange, toi qui réussit à se faire entendre même en chuchotant et tes mots qui martèlent malgré le vacarme qui enrage.



T’es pas le bon. Mais j’sais que t’es le mien.

Eh merde.


Tu me permets de continuer de te garocher des mots par la tête?

19.5.09

heartbeat.


Je l'attendais dans ma voiture. Missy Higgins devait jouer... ou A Fine Frenzy... De toute façon, The Special Two ou You Picked Me, les deux me faisaient penser à lui... Je l'attendais face au fleuve, les genoux repliés, à 19 ans je réalisais la chance que j'avais de vivre dans ce paysage que des milliers de gens paient des milliers de dollars pour venir voir... 

Je l'ai attendu assez longtemps pour voir défiler mes étés au bord de ce fleuve, hôte de toutes mes larmes, de ma musique trop forte, de mes éclats de rire et de mes baisers. 


Les étés où on a gelé, coincé dans un interminable automne, les étés où on a aimé, souvent envers et contre tous, souvent tout mal, souvent comme des enfants... Les juin remplis de bonbons sûrs et de soirées à la guimauve, les juillets achalandés de ballades en voiture (ces autos qui avancent toutes seules tellement elles connaissent le chemin...), bourrés de films pourris et de crème glacée, et les aoûts qui courent trop vite, qu'on a jamais le temps de voir passer, dont on ne fait qu'écrire la conclusion... ces semaines d'aoûts qui nous déchirent le coeur... «Votre histoire n'était peut-être qu'un simple amour d'été après tout...» 


Les étés où on n'était jamais seul. Où le deuxième voisin venait tondre le gazon, que l'amie arrivait en vélo, que la gang de filles se retrouvaient dans le spa pendant que les gars se tabaissaient dans la piscine (à leur grand désespoir), que le copain se glissait sous les couvertures installées sur le terrain une nuit de perséides, que la famille débarquait comme ça, sans avertir, «on est de passage!!»... 


Les étés en musique... Une guitare sur le bord d'un feu, des voix qui s'élèvent sur un balcon à l'abri de la pluie, des chansons de colonie criées plutôt que chantées, des soirées nostalgie comblés par nos pop stars préférées, des soirées de chance marquées de nos lèvres dans une voiture gonflée de Coldplaydes hits, des hits, des hits... en boucle à la station. 


Les étés ici... 


Et voilà que cet été, y'a rien de tout cela au programme. 


Été 2009. Angleterre-France-Espagne, loin d'ici. 


Faites sauter le toît du Vol de Nuit, envoyez-vous en l'air, fumez, dansez, criez en pleine nuit, dormez en plein jour, embrassez, pleurer à vouloir vomir, puis riez à vous étouffez, n'oubliez rien de nos étés j'vous en prie. 

17.5.09

Vous lisez qui là??! 


Prétendez m'connaître en profondeur, mais savez-vous au moins la couleur de ma surface?

Mon nom commence par un M pour les uns et un P pour les autres. On a célébré mon anniversaire 19 fois, mais je ne me souviens clairement que d'une dizaine environ. J'suis née châtaine en Gaspésie, une odeur de fleuve dans le nez, et j'ai grandi brunette dans une maison de briques grises installée dans un nouveau quartier. À 4 ans, j'ai mis ma vie sur la glace, dans le très joli sens du terme. Je n'ai jamais véritablement enlevé mes patins, par toutes les blessures j'ai developpé l'endurance, la persévérance, et par la chance de vivre d'une passion, j'ai découvert la sensibilité, l'émotivité, l'intensité et la rigueur. J'suis fille unique, mais j'suis devenue la petite et grande soeur de quelques-uns en cours de route pour compenser. J'suis fille unique, mais longtemps on a pensé que je traînais une petite soeur avec moi, une fillette blonde au nez retroussé, en fait, c'est ma meilleure amie, et elle est plus vieille que moi. J'suis fille unique, mais à 12 ans, un gentil garçon m'a prise pour protégée. C'est ce jour-là que j'ai cessé d'avoir peur. De tout. Des hommes surtout. J'suis une éternelle amoureuse. J'aime l'odeur des hommes, leur force, leur orgueil intouchable, leur affectivité inavouée, j'aime enfouir ma tête dans leur cou et me blottir dans leurs bras. À 13 ans, mon regard se dirigeaient vers les trop vieux garçons, aujourd'hui je les crains. Trust issues. 


J'aime embrasser et être embrassé, particulièrement en voiture, j'aime regarder la télé avec une couverture et des chats à mes côtés, j'aime les gadgets électroniques, un dada que mon père m'a transmis, j'aime la vitesse, le danger, l'inaccessible, la langue anglaise, les adultes qui ont conservé leur coeur d'enfants, comme ma maman, les beaux enfants, l'odeur du tilleul et du parfum Aqua Di Gio de Giorgo Armani. J'ai une drôle de relation avec les odeurs, elles me rappelent des lieux, des émotions, des personnes, des journées... L'odorat est mon sens préféré. 


Je n'aime pas, ou plutôt je déteste, parce que je suis une sale extrémiste, les gens qui prétendent aimer tout le monde, dieu que c'est louche, les pamplemousses, la musique trop forte dans les bars, les buanderies, les mauvaises odeurs en voiture, on est confiné à les supporter, les «amis» qui ne rappelent jamais, les filles jalouses du secondaire, elles m'ont pourri la vie pour se libérer de leur faible estime, c'est impardonnable, j'déteste l'insécurité aussi... 


Par chance, j'ai toujours su, et par toujours, je veux vraiment dire toujours, pas de doute pas de plan B, ce que j'voulais faire de ma vie. L'industrie de la télévision m'appelle depuis Passe-Partout et Grujot et Délicat. Petite et encore aujourd'hui, faites des pirouettes devant moi ou inventer moi les plus belles histoires, s'il y a une télévision allumée dans la pièce vous n'aurez pas mon attention. J'veux participer à l'adaptation de notre télévision aux grands changements de notre société et j'y arriverai, même si depuis deux ans je fréquente des gens talenteux (trop) qui me font douter de ma place dans ce monde. 


Je rêve de liberté. Mais seulement par rapport à moi. Tuer mes démons, réconcilier mon corps et ma tête, étirer mes bras face au vent et respirer... 


J'voudrais être une militante. Présidente de la SPCA, ou encore soutenir plus activement la cause des troubles alimentaires, un problème de société qui me tient vraiment à coeur parce que j'ai vécu ce calvaire pendant mon adolescence aux apparences tranquilles. Mais j'suis trop égoïste et j'me contente d'applaudir tout ce qu'on fait de bien de loin. 


J'suis définitivement égocentrique. Mais j'ai beaucoup d'amis, et je les aime tout plein, et j'en prends soin. 

J'suis perfectionniste. Ça me condamne à l'insatisfaction, la perfection n'est pas de ce monde, et souvent ça m'enrage. 

Je mène une lutte terrible contre la naïveté et le mensonge. Mais l'innocence me charme. 

J'suis une solitaire. Je joue seule. Je me parle toute seule, je me mène d'excellentes entrevues... Mais je souhaiterais parfois qu'un homme me tienne la main constamment. Je suis célibataire depuis deux ans. En couple de mes 14 à mes 17 ans. Trois hommes ambitieux, que j'ai aimé de mon mieux, mais ce n'était pas assez. Aujourd'hui, j'ai l'impression que je n'aimerai plus, et surtout qu'on ne m'aimera plus. 


Je suis une maman bien avant le temps. Je surprotège mon entourage. Ça les énerve ou ça les touche, dépendamment des saisons. Je tiens probablement ce défaut/qualité de ma grand-maman. Grand-maman Quedoux. Je porte son nom, Claudia. Jeune, j'en voulais à mes parents de m'avoir infligé le trait d'union et ma mère me disait: quand tu seras plus vieille, tu changeras pour Claudia!... Ce que je n'ai jamais fait. Je ressemble beaucoup à cette femme. Je traîne une peur immense de la perdre bientôt et ça me tire les larmes juste d'y penser... 


Je pleure très facilement. Comme je ris très facilement aussi. J'suis une femme-enfant. Je joue à l'adulte indépendante, «au-dessus de ses affaires», mais je m'ennuie de ma maman dès que j'suis loin d'elle. Je conduis des grosses voitures, mais je m'arrête souvent en chemin pour imaginer des formes aux nuages. Je désire sauver tout le monde, mais j'ai peur de tout, de toi.


J'suis toute en contradictions, de quoi mélanger tous les hommes qui m'entourent. 
Je crois que j'ai une grande capacité d'aimer, mais que je ne sais pas quoi en faire. 
Je crois aussi que l'apprentissage de la vie se fait à travers les paroles des chansons. 
Et que peu importe les masques, les robes, les hommes ou les parfums, je serai toujours la gamine du Bas-du-fleuve aux idées plus grandes que sa nature. 

16.5.09

necklace

On m'a offert une clé. 
Toute petite, toute délicate. 
Bien trop menue pour s'attaquer à l'ouverture d'une quelconque porte. 
Même pas celle d'Alice. 
Elle est tellement légère qu'elle doit rester accrochée en tout temps à une chaîne d'argent. 
Elle se cache derrière les autres breloques qui se balancent sur la même chaîne 
que j'me suis dépêchée de passer à mon cou. 
On m'a offert une clé qui en apparence ne dévérouille rien, 
qui manque en quelque sorte à sa mission de clé... 
Et il n'y a rien de plus beau qu'une clé lorsqu'on ne sait pas ce qu'elle ouvre. 



(Sans le savoir, t'as tourné la poignée d'un paquet de portes 
en enfermant ce bijou dans une boîte bleue aux fleurs blanches)