14.1.09

j'ai peur maman.

Grande bulle de verre. Que j'ai construite et maintenant j'vis dedans. 
À l'abri de vos vérités. À l'abri de ce que mes yeux refusent de regarder. 
J'vis dans une bu-bulle transparente, j'me protège de vos commentaires. Chu-chut. 
J'ai sans le vouloir claquer la porte au nez de la réalité et souhaiter la bienvenue à la naïveté dans mon trou d'enfance retrouvée. 
La naïveté que j'croyais avoir reniée. Que j'croyais avoir chassée. 
Vous me déceviez en l'invitant chez-vous, je n'avais aucune idée que je l'incarnais en chair et en émotions. 
P'tite âme pâle qui passe droit devant vos sorties de parcours. 

- J't'es écris une chanson. 
- Une chanson...Y'a rien à dire sur moi. 
- C'est pas sur toi. C'est sur la vie que j'nous rêve. Le désir qui me traîne et l'amour qui me fouette. J'ai caché tout ça dans ma guitare tout l'été. T'as rien vu? 
- Non. 

Vous recommencez. À choisir le détour. À tortuer nos chemins. À débarquer de la normalité. À me faire peur. Ma bulle de verre laisse passer de l'air et je vais suffoquer bientôt. 

Occupée à me protéger de tes extrêmes en passant la porte de ton monde, j'ai pas vu passer l'évidence de ton amour, je l'ai manquée, je l'ai écouté se cacher dans des figures de styles et des refrains des années de vie plus tard. 

Persuadée que t'étais tout vrai tout moi, j'ai pas vu passer l'évidence de ta situation, je l'ai évitée, je l'ai écouté pleurer une nuit de janvier. Je me suis brisée en même temps que ma bulle s'est fissurée. 

Et là j'me retrouve devant toi, des coups de poing au visage pour me rendre à la criss d'évidence. 
J't'es fait une place dans ma bulle. À l'abri de ta vérité. Laisse-la dehors. 

- L'imbécile (mal)heureuse. 






12.1.09

Rainy Monday


- I've lost it. Censure everywhere. Unable to write something good. 
- I don't know... Write something like: Feelings hurt my writing... 

Feelings hurt my writing. Ce qui s'opère dans mes artères me paralysent les extrémités, ce qui a inondé ma chambre à coucher a vidé mes encriers. Je m'excuse. L'imprévisible m'a secoué la stabilité, la vérité s'est poussé. J'crois que personne assumait sa présence anyway. Alors j'ose pu me tremper l'émotion, j'sais plus comment joué sur la sémantique, j'me souviens plus comment me décortiquer les sentiments et me brasser la fragilité. Ma vision de la tempête ne reflèterait peut-être plus les vraies conditions. Et l'ignorance je la méprise. Et la naïveté, j'l'es renié. J'ai pu le courage d'utiliser mes mots de gamine pour m'enlaidir devant trop de non-confiance ou pour m'embellir comme une bouée de sauvetage dans une profonde flaque de jalousie. Pour te faire parvenir le rayon-X de mon coeur que t'as écorché ou pour tenter de t'examiner. 


Le peu de bravoure que je possédais est venu s'écraser contre le mur de ton honnêteté. 
La dose d'aplomb qu'on m'a légué a fugué dans un ailleurs moins gris que mon affectivité déplacée. 

Je pleure tes aveux. Les larmes viennent remettre de l'éclat dans mon regard de désillusionnée. Elles font reluire la peau sur laquelle j'aimerais que tu te colles et restes tatoué. Elles font tomber mon masque de béton et noircis mon mascara jamais fidèle à sa publicité. Elles te crient tout ce qui me court dans le crâne sans que mes lèvres tremblent et te donnent la clé de mon impassibilité. Elles font de moi l'enfant que j'aimerais qu'on berce. Elles font éclater ma bulle pour se reformer autour de nos deux âmes agrippées ensemble pour faire face à la tempête. Des guerriers de l'espoir déchu. 


J'suis plus jolie quand je pleure. 

10.1.09

middle of nowhere.


Le froid avait un p'tit je-ne-sais-quoi de chaleureux. J'm'étais bien habillée pour pas geler, avec un toi comme coupe-vent et un lui comme pare-brise, j'me sentais en sécurité dans cette ville bien trop grande pour ce que j'ai à lui offrir. Puis décembre m'a joué dans le dos et sa malhonnêté m'a frappé comme une tempête, m'a fâché comme une pluie verglaçante en talons hauts et en pleine nuit. Le mensonge m'a ligoté devant le fait accompli et on m'a demandé d'y survivre, de m'échapper, toute seule comme une grande affrontant le monde. 

- Y'a rien de vrai dans le dernier mois, vous me l'avez volé. 

Et je me retrouve face à janvier, gonflé d'air, vide d'espoir. Et je me retrouve devant ton malaise, les jambes bien plus grandes que l'image que j'ai de toi, la perception altérée. Et je me retrouve face à nous, mes broches s'emmêlent et l'histoire que j'étais en train de nous tricoter change de direction. Le résultat sera pas le même. Le motif s'est inversé et les couleurs sont moins éclatantes que dans mon souvenir. Mon souvenir truqué, mon début d'hiver raté. Mon cerveau est mélangé. Les images des dernières semaines sont floues. Quand je m'assois pour les regarder. ce qui avait l'air d'un casse-tête complété affiche maintenant quelques trous ici et là. 

- On a caché des morceaux. Sinon c'était trop facile. 

C'était trop simple. Et vous m'avez surprise au détour. Les mots qui me sortent du bout des doigts sont laids, les phrases qui se présentent la syntaxe se suivent pas. Quand les mots retrouveront  de leur beauté, j'viendrai saupoudrer un peu de bleu ciel à la croisée de nos chemins. 

3.1.09

we're tired.


Quand est-ce que les gens vont commencer à assumer leur vérité?!

Only child.


Ok reviens. 
Laisse les montagnes. 
Referme la porte de ce condo de luxe à regret. 
Et viens dormir avec moi. 
Et me dire qu'au fond j'suis une fille bien. Et que j'mérite pas de pleurer comme ça. 
Parce qu'on m'a mal cité. Parce que personne se rend compte que je n'suis qu'une enfant.
J'ai besoin de mon meilleur ami. Ce soir et tous les prochains soirs. 
Criss que j'm'ennuie. 
There's a reason why home is a place you grow up wanting to leave. 

2.1.09

Pardonne mon retard.

Intro
Bienvenue 2009.

À notre toute première rencontre tu me cassais déjà les pieds, mais tu m'as aussi fait un tas de promesses quant à notre relation prochaine et j'te fais confiance. Prends soin de tes amitiés avec la surprise et la spontanéité et on devrait bien s'entendre. Ma rupture avec 2008 s'est bien passé j'te rassure. Pas de larmes ni de regrets...

Développement

C'est à mon tour de présenter mon Bye Bye, de rédiger mon Almanach, de remettre mes prix et mentions. Et tu fais acte de présence dans le numéro d'ouverture, tes mots apparaissent en page centrale et t'anime la cérémonie. T'as marqué mon 2008. T'es entré dans le jeu juste au bon moment, t'as déclaré forfait juste à temps. Tu jouais bien tes cartes, avec la puissance des mots et le mystère comme signature en stratégie. Tu menais la partie, en me pendant à tes lèvres et en me soignant l'âme à grandes gorgées de ton sirop de vie d'artiste qui se croyait facile à suivre. Puis les cartes se sont brouillées. Trop de contradictions, rien de clair, tout flou tout flou... Et même avec toute la persévérance du monde je me suis perdue. T'as préféré quitter, moi j'ai accepté ta décision en me disant que l'héritage que tu me laissais allait me servir de stratégie dans toutes mes prochaines parties.

Conclusion

2009 c'est une nouvelle partie que j'entame. Merci de m'avoir appris à prendre des risques, de m'avoir forcé la plume, aujourd'hui, bien qu'elle ne soit pas du tout à point, je ne saurais m'en passer. Merci pour le désordre dans mon existence en ligne droite, j'me sens plus préparée face aux tempêtes qui m'attendent maintenant. Je vais prendre soin de placer tout ce que tu m'as appris dans mes valises. Parce que «voyager, c'est vivre», et j'ai pas envie de seulement exister.

Bonne année, en toute simplicité, ou en grands chambardements, selon ce que tu souhaites.

PS: Merci de croire.. moi je continue d'espérer.

1.1.09

2009.
On te feel.

30.12.08

false pretense.

Un toast au gris.
Aux élans contradictoires.
Aux changements de cap.
Aux sentiments interdits.
Cheers à la nuance.
Aux défaillances du coeur.
À l'impuissante adolescence.



Petite c'est son coeur à l'hélium qu'elle avait lancé au vent avec un bouquet de ballons bleus.

Depuis il s'ballade de nuages en orages, de constellations en perséides, de tornades en brises d'été. Elle le laissait vagabonder, clamant sa liberté, chantant son indépendance. Puis sans avertir ni le vent ni personne, il s'posait, sur une épaule, dans le creux d'un cou. Il s'y reposait quelques temps, souvent très peu de temps, juste le temps de reprendre son élan et de retrouver de sa vitalité, juste le temps qu'on le regarde en se demandant ce qu'il faisait là puis qu'on l'adopte et l'apprivoise. Coeur sauvage il reprenait son envol, en battant de l'aile, en perdant de la vitesse, l'hélium qu'il contenait s'évaporait plus vite que prévu, il devait s'adosser sur la terre pour reprendre des forces, c'était peut-être la fin de son voyage, c'était peut-être le terme de ses essoufflements. Sachant cela, du haut du ciel il choisissait son aire de repos avec soin. Rien de trop dur, ni de trop doux, rien d'inconnu, il était trop vieux pour se permettre une aventure, c'est un lieu stable qu'il cherchait pour s'y endormir. Puis alors qu'il s'apprêtait à abandonner ses recherches, à déclarer forfait et se laisser tomber dans un arbre, la foudre l'a frappé de plein fouet, violemment, mais avec douceur et dilection. Beau contraste. Belle impossibilité. Il a franchement crû en mourir, il est resté figé, brûlant et blessé. Les artères dégourdies, il s'est relevé et a filé en direction de cette violente tendresse. Il le poursuivera jusqu'à ce qu'il réussisse à s'y poser. Pour l'éternité. C'est le nid, c'est le lit qu'il a choisi.


«I chose to feel it and you couldn't choose. I'll write you a postcard, I'll send you the news from a house down the road, from real love...»
À deux pas de tomber.








blind winter.

Je le voyais enfin assis là. À ressentir le poids de sa vie, à relire le livre de leur histoire, la couverture était craquelée, il manquait des pages à sa version. Plus ses mains s'agrippaient à ce livre, plus son dos s'arrondissait sous la lourdeur des mots qu'il n'aurait jamais choisi, plus ses yeux combattaient la noyade. Plus son coeur lui remontait à la gorge, emmenant avec lui un flot de phrases qu'il se devait de lui crier, même si elle se bouchait les oreilles de ses deux doigts salis par la résignation. Je le voyais du coin de mon regard, assis là, misérable, les pupilles figées sur ce maudit livre qu'il voudrait lancer au fond de la pièce avec la force traduisant son désespoir.




Elle avait beau courir, elle avait beau courir plus vite encore, jusqu'à la totale ignorance, jusqu'au déni le plus puissant, il allait partir à sa recherche et lui soulever le menton, la forcer à écouter le bruit de sa tempête. Depuis trop longtemps elle l'avait mis en sourdine. L'autodestruction lui va mal. Elle lui creuse les joues et lui durcit le regard. Elle lui gruge la chair et lui recourbe ses épaules frêles. Elle était elle-aussi à bout de souffle, à force de courir, à forcer de fuguer. À bout de tout, elle relisait les pages jaunies du livre qui les attachait ensemble et se refusait d'entamer le dernier chapitre. Dans un grand tapage elle le refermait avec force devant tout le monde.




Il avait l'âme complètement tordu. Je la voyais se tortiller de mon siège, entre deux vies, entre deux livres. Clairement, je voyais ses deux mondes se croiser, se rentrer dedans, se bousculer comme des enfants. Des sentiments nouveaux qui le jettent par terre, mais qui sont si lourds à traîner, et des vieilles émotions qui ont tout vu, qui ne tremblent plus, qui ne font plus frissonner l'être qu'elles habitent. Ses réponses étaient toutes là, flanquées contre le mur de son entêtement.




La détresse s'était installée au fond de leurs deux crânes, comme la seule chose qui les unissait encore. Grièvement blessé par le vide de ses yeux quand il la regarde, du moins quand il ose, elle conservait ses sourires dans un tiroir, elle l'ouvrirait désormais pour les autres, parce que ceux qu'elle tente de lui présenter se font renvoyer à grands coups de lassitude. Grièvement blessé par le mal qu'il lui faisait et conscient de la cicatrice brûlante qu'il laisserait en signature le jour de son courage, le jour de son départ, il conservait ses sourires pour celle qui avait provoqué tout ce vacarme, parce que c'était une autre fragrance qu'il l'étourdissait, d'autres faiblesses qui le dopaient et une autre âme qui séjournait près de la sienne.

Je la voyais assise-là, aspirer à sa présence. Pour toujours. En dépit de ses silences.

29.12.08

Back at your door.

Quand je dors mal, quand il pleut trop, quand il fait noir, quand j'ai envie de m'embellir dans la fiction parce que ma vie me rend laide, quand j'le déteste parce qu'il m'a égratiné l'coeur pour la 35e fois cette semaine, quand j'l'aime trop fort pour simplement lui dire, quand elle m'appelle en pleurant, quand ils s'ennuient de moi, quand je m'ennuie d'eux, quand je pleure en silence, quand je crie face au mur, quand j'ai le goût de bouder Montréal, quand j'ai le goût de courir à la maison comme dans les films. C'est dans ces temps-là que je m'assois ici, face à une fenêtre blanche et son syndrôme de la même teinte, et que je barbouille de noir les troubleries de mon esprit. Les histoires de mon imaginaire. Les fausses fictions et les vraies tremblements de l'âme. Mais aujourd'hui, j'ai remis le bonheur dans mes pieds, j'ai forcé le vent dans mes cheveux et j'ai permis au froid de me colorer les joues. Mais ce soir j'ai relacé mes ambitions, j'ai croisé mon ancienne flamme et j'ai tourné les patins sur mes vieux blues. Et là j'ai moins le goût de m'asseoir ici, j'ai moins le goût de cacher mes sentiments dans des métaphores parce que j'ai pas le droit de les ressentir pour toi, j'ai moins le goût de raconter notre histoire secrète dans tout ce que j'tape ici, camouflé derrière d'autres épisodes d'une autre série, j'ai moins le goût d'user mes doigts à force de creuser trop loin dans mes souvenirs, à force de chercher le bon mot, le texte juste. J'vous trompe avec mon ancien amant. J'vous joue dans le dos sur un lit d'eau glacé. Et je n'en suis absolument pas désolé.
Ce soir, l'odeur de l'aréna est la plus douce du monde. Je m'endors de l'espoir plein les pieds et de la volonté dans les paupières.



«Le bonheur aux lèvres, un peu naïvement.»

28.12.08

you.me.under the same star.on the top of the world.

Il vente assez fort pour que mon coeur se dépoussière et que mon masque prenne le champ. 
Tsé j'ai souvent taper des phrases pour toi, j'ai souvent cherché les mots pour nous 
Et depuis quelques jours, c'est toi qui me fait une place dans tes écrits
Et franchement j'espère que tu ressens la même chose que ce que j'ai ressenti en te lisant aujourd'hui quand tu tombes sur quelque chose qui t'es dédié. 
Je l'espère. 
Je me suis nourris de tes phrases courtes qui en disent long, et le besoin de mettre du noir sur le blanc de mes réflexions d'enfant qui joue à l'adulte se fait moins criant ces derniers temps. 
Loin des yeux on a définitivement le coeur attaché ensemble. 
La maison tremble tellement il vente. 
Mais dans ma tête la tempête s'est calmé 
Je t'aime, mais ne le sais-tu pas déjà? 
Demain j'vais chez-toi. On ira patiner, puis quand il fera trop noir on rentrera écouter des Six Feet Under. Avec une doudou et de la réglisse. 
PS: merci. 
Bestfriend. XX.


j'les aime tes nouveaux plans.


J'prépare ton lit de punition dans la salle de miroirs?
Non, franchement j'préfèrerais que tu dormes avec moi.
Viens manger, ma déesse de mère a cuisiné pour toi.
Je t'attends.
J'ai fait du punch, on sort pas, on conduit pas.
Promis.
Criss que j'mennuie.
Bestfriend. X.

26.12.08

my bed is unmade like everything is.


«La vie c'est une seconde presque écoulée, quand je m'en suis rendue compte, je t'ai cherché.»


- Même si j'reste à côté tout près, ça m'a pris des minutes, des heures, des semaines me rendre jusqu'à vous. J'vous ai apporté mon courage dans ma mitaine. Elle est mouillée désolé. Et j'voulais vraiment vous présenter mon estime mais je l'ai échappé dans la neige et vu son état... ben j'ai préféré la laisser geler madame... J'ai les tripes pollués. Et l'coeur endormi. J'tousse de l'indifférence et vomit de la résignation. J'suis invisiblement malade. J'suis incontestablement vaincue. Mettez pas mon coeur dans un de vos dossiers madame, j'suis trop orgueilleuse pour que vous m'envoyez dans votre classeur. Non, je fais seulement que passer. J'viens vous saouler de mes délires de fausse malheureuse, puis je vous laisse vous reposer, j'men irai. J'veux même pas avoir besoin de me déshabiller l'enfance devant vous, non mon désespoir est plus neuf que ça. Mon crâne est infestée de mon âme grise depuis moins longtemps que ça. Et posez moi pas trop de questions sur ma solitude parce que souvent c'est moi qui me l'impose. Ya plein de monde qui ouvre ma porte à la volée puis la reclaque en repartant, alors moi je l'ai barrée. J'aime pas ça les va-et-viens. J'aime que les gens rentrent et s'installent, se sentent comme chez eux, s'assoient près de moi et qu'ils me racontent des histoires qui durent la vie. Pis ces gens-là souvent quand mes yeux se noient je leur mets ça sur le dos. Qu'ils dealent avec. Je m'en débarasse parce que mes larmes de bébé elles arrivent en gang, en crises, à trop grande fréquence pis moi j't'a bouts de causes. J'ai l'air d'une fille qui vit fort et à grande émotion, mais dans le fond madame je feel pu grand-chose moi. J'ai un univers fictif dans lequel y se passe un tas de trucs qui me font brasser les sentiments en-dedans pis souvent c't'univers-là baise avec ma réalité sépia. Avec pas trop de couleurs dedans si ce n'est que le rose sur mes joues et le pêche sur mes lèvres. Et quand ils couchent dans le même lit, j'sais pu ce qui est vrai et senti de ce qui l'est pas. J'sais pu si je l'aime pour vrai ou si je m'suis fait accroire ça, j'sais pu si c'est juste dans ma tête qu'il m'a fendu le coeur pour la 40e fois. J'sais pu, j'sais pu. J'suis ni heureuse. Ni malheureuse. J'ai aucune raison d'être ni l'un ni l'autre et tout ce qui touche la raison m'a désertée alors mieux vaut chercher dans les nuages ce qui m'assaille. J'suis toujours à deux nuages d'un orage au fait. J'voulais pas mouiller votre laid tapis, ni avec mes bottes de neige, ni avec mes grosses larmes. C'est un puit à l'envers qui coule sans cesse mon ventre. Dès que j'mouvre un peu, je pimente mes états d'âme de quelques gouttes de peine, c'est pour ça que j'écris plus que je ne parle... J'ai mal au coeur, j'sais pas ce qui m'a étourdi de même alors j'pourrais aussi bien recommencer sans m'en rendre compte. Frustrant. Dans le fond-là, en métaphores cheap, j'tau neutre pis j'voudrais embrayer en cinquième. Que ça aille vite, que j'aie pas le temps. Le temps de m'arrêter ici, dans votre trop p'tite maison avec vos trop p'tits fauteuils. Les gens font débouler leurs gros chagrins ici madame, vous manquez visiblement d'espace. Partout je manque d'espace, j'aime les plafonds hauts et les grands hommes parce qu'il me font sentir toute petite. Petite, comme quand j'avais 3 pommes et que mes nuits étaient peuplées d'étoiles et d'innocence face au lendemain. On devrait jamais laisser les petits s'endormir. On les fait vieillir d'une journée de trop chaque fois qu'on les envoie au lit. Chaque fois, ils se rapprochent des eaux troubles, du gris charcoal et des ciels sans lune.


- ...


- Ouain. Et dans le fond madame-là, j'ai pas à me plaindre. J'ai un meilleur ami qui aime ça quand je ris, je sais qu'il lit en moi, dans mes mouvements, mes pupilles et mes silences, y'a des longs textes là-dedans et il lit tout ça, même ce que je voudrais bien cacher comme un journal intime, il voit tout d'avance, il prévoit mes chutes et sa petite cuiller. Il sait que si j'me laisse tomber c'est pour me sentir debout, il sait que si je me fais mourir un p'tit peu plus à chaque grand coup c'est pour me faire renaître, qu'il faut qu'il me laisse partir pour que j'arrête de fuir, et il sait surtout que c'est pour qu'il me tende les bras que je lui tourne le dos.


- Vous avez de la chance vous savez.


- Non je le sais pas toujours. Lui non plus j'pense. Vous croyez qu'il va m'aider à trouver ce que j'ai? Et vous, vous me guérissez? Paraît que j'suis pas originale.. J'suis pas la seule qui souffre de ça hein?

22.12.08

beautiful scar. (not so fiction).


J'ai déserté la ville et sa neige sale, et ses 6 vitesses et ses gens qui parlent pas mes langages. J'ai roulé des heures avec Missy Higgins qui crie et Sia qui se plaint. J'les ai enduré le plus longtemps que j'ai pu, dieu merci la sortie 13 s'est pointé le panneau en même temps que mon mal de coeur par trop de conduite dangereuse dans une tempête qui a pas d'allure et mon envie de virer sourde à force d'entendre trop de paroles d'inconnus qui chantent ma vie. 
J'ai mis la radio à off, j'ai baissé les quatre fenêtres de ma voiture, j'ai attrapé la grippe et j'ai écouté le ciel me louanger son orangé et le fleuve me chuchoter ses désirs de s'en aller. I'm home. 
- T'arrives quand ?! 
- J'sais pas trop encore... Pourquoi? T'as envie qu'on se voit?!
- J'sais pas... Faut que j'y pense. Mais si j't'appelle là, ben sûrement. 

Quand j'reviens ici, j'ai 14 ans et j'retourne à mes amours d'avant. À mes rendez-vous casse-cou et mes palpitations rythmées. Quand j'reviens ici, j'ai pas de limites, ni de contrôle, j'ai essayé d'amener ce flagrant manque de maturité dans la grande ville, mais je me suis vite fait remettre à ma place. «Tu pourras pas toujours te permettre tes pertes de contrôle là. Grandis esti.» Pourquoi?!! Pourquoi les calins c'est sérieux? Pourquoi dormir dans ton lit c'est dangereux? Pourquoi t'embrasser c'est honteux? Pourquoi mes lèvres n'ont pas le droit de se poser sur celles d'un pur inconnu aux yeux gris sans qu'on me juge? Pourquoi mon regard n'a pas le droit de se plonger dans celui de c't'homme-là, plus vieux que moi, sans que la musique s'arrête dans ce bar plein de mineurs? 

On s'entendait jamais sur la nature de notre relation. Parce que comme toute chose, on s'était donné le mandat de foutre un nom commun sur ce qu'on se faisait vivre, alors qui a rien là-dedans qui était pas hors du commun. Pour une fois, ça faisait du bien. Mais c'est mal de pas être comme tout le monde y parait. 

On s'entendait pas sur l'exclusivité de notre relation. Toi t'avais envie d'aller voir ailleurs de temps en temps, moi j'avais envie d'être amoureuse tout le temps. Ça pouvait pas marcher. C'était voué à l'échec. Un gros plouf dans le puit de nos coeurs. 

On s'entendait pas sur la dictée des sentiments. Les tiens te donnaient envie de tout casser quand un homme aux épaules plus carrées que toi, au parfum plus prononcé que le tien, au charme plus évident que ce que tu possédais s'approchait de mon âme fragile. Les miens me donnaient le goût de t'appartenir de minuit à 3h, les nuits d'automne, quand il pleut pas. 

C'est pour ça que j'ai pu le droit de perdre le contrôle. 
Parce que les humains ont le coeur qui lead, les émotions qui débordent, même si on a envie de les vider de leur pouvoir, avoir la paix. Appliquer un je-m'en-foutisme exemplaire dans le carnet de bord de tous ceux qui font escale dans nos existences. Parce que je sais ce que ça fait dans le corps d'embrasser l'interdit, mais je sais aussi ce que ça fait dans le crâne quand une amie embrasse ton interdit. Parce que les sentiments mènent le monde. 

Et que des histoires sans eux,  ben ça se peut pas. 

J'vais mettre un casque la prochaine fois.